Affaire Balkany

22 octobre 2019 22:28; Act: 23.10.2019 10:39 Print

«Je demande simplement un peu d'humanité»

Patrick Balkany a été condamné pour fraude fiscale, à la mi-septembre. Alors qu'il est incarcéré depuis plus d'un mois, le maire LR de Levallois-Perret a réclamé sa mise en liberté, mardi.

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Le maire LR de Levallois-Perret, Patrick Balkany, qui dort en prison depuis plus d'un mois, s'est présenté mardi, dans le box de la cour d'appel de Paris, pour demander «un peu d'humanité» et sa mise en liberté, dans la première des deux affaires pour lesquelles il est incarcéré.

À 71 ans, le baron des Hauts-de-Seine affiche un air fatigué, bien loin des envolées théâtrales et colères noires qui ont émaillé son procès au printemps. C'est sa première apparition en public depuis qu'il a été condamné pour fraude fiscale, le 13 septembre, et écroué à la maison d'arrêt de la Santé. Sa première apparition aussi dans un box des prévenus puisqu'il avait refusé d'être extrait de sa cellule, vendredi, pour entendre son deuxième jugement - cinq ans de prison et un nouveau mandat de dépôt pour blanchiment aggravé.

Des demandes «exagérées»

Il a fait appel et déposé deux demandes de mise en liberté dans l'attente des procès à venir, mais seule la première, concernant la fraude fiscale, a été examinée mardi. Si la cour, qui se prononcera le 28 octobre, décidait de le libérer, il resterait néanmoins détenu dans l'attente de l'examen de sa deuxième demande.

Debout au micro, pull gris sur chemise blanche, Patrick Balkany, qui a «considérablement maigri» selon ses avocats, semble tenté de refaire ce procès dans lequel le fisc estime à 4 millions d'euros les impôts impayés. Des demandes «exagérées», soutient l'ancien député, «et je crois qu'on a beaucoup exagéré dans la presse mes biens, ma fortune».

«Je souffre énormément»

Invité à en venir à sa demande, l'élu invoque son «âge» et son «état de santé», notamment son opération «d'une tumeur dans le dos» et des fragilités cardiaques. «Je souffre le martyre», assure-t-il. «Je suis épuisé, je suis sorti pour la première fois hier en promenade avec mes compagnons d'étage, au bout de trois minutes j'ai failli tomber dans les pommes». En fin d'audience, il insistera: «Je demande simplement un peu d'humanité, je souffre énormément, je voudrais sortir le plus rapidement possible pour me soigner et rester avec mon épouse».

Le représentant de l'accusation à l'audience, Serge Roques, n'est autre que l'un des procureurs qui avaient requis l'incarcération de Patrick Balkany lors du procès. «Fermement opposé» à la mise en liberté du maire, «sous réserve d'une expertise médicale», l'avocat général rappelle les raisons invoquées par le tribunal pour l'incarcérer, notamment son «enracinement dans une délinquance fortement rémunératrice» et la possibilité qu'il ait conservé «des intérêts à l'étranger» lui permettant de se «soustraire à l'action de la justice».

«Risque de fuite»?

Invoquant un «risque de fuite» et la «propension certaine» de M. Balkany «à fuir ses responsabilités», il estime qu'il est «important de garantir sa représentation au procès en appel», prévu du 11 au 18 décembre pour la fraude fiscale. Des questions «légitimes» se poseront ensuite, celle de la confusion des peines ou de la «libération conditionnelle d'un homme de plus de 70 ans», «mais ce n'est pas aujourd'hui le débat», insiste-t-il.

Le tribunal avait expliqué «qu'il ne saurait être exclu qu'il ait de l'argent à l'étranger», mais «ça n'a jamais été allégué», balaie le défenseur du maire, Éric Dupond-Moretti: «Voilà comment on fonde le fantasme de la fuite». «Sa femme est ici, sa famille, sa maison, c'est scandaleux de dire qu'il y a un risque de fuite», s'emporte l'avocat. D'autant que «son passeport est entre les mains de la justice française». «Vous avez décidé une fois pour toutes qu'il ne devait plus être maire et la justice intervient comme un troisième pouvoir» pour ce faire, s'agace-t-il.

Au sujet des élections municipales du printemps, «on dit que je veux me représenter, je n'en suis pas sûr du tout», mais dans tous les cas «il faut bien que je prépare ma succession», commente Patrick Balkany. «Je sais bien qu'il y a une peine d'inéligibilité et que même si j'allais à l'élection, ce serait pour un an».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • arnaud le 23.10.2019 06:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il demande de l' humanité? Il a su profiter toutes ses années qu' il paie maintenant, ça c' est du civisme Mr Balkany

  • Sérieusement le 22.10.2019 23:10 Report dénoncer ce commentaire

    Qu'il reste en prison déjà que la justice a été clémente et svp qu'il arrête d'argumenté sa santé, son âge ou autre. Il avait qu'à réfléchir avant de frauder point. Fini ce genre de personnages dans le monde actuel, qu'il y reste.

  • fab57 le 23.10.2019 06:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Non ta place est bel et bien en prison!

Les derniers commentaires

  • Le miséricordieux le 24.10.2019 06:07 Report dénoncer ce commentaire

    Qu'il est facile d'accabler un malheureux qui a péché une fois qu'il est à terre... Heureux ceux qui sauront lui pardonner et lui tendre la main ; ils ont en eux toute la richesse et la beauté de l'humanité.

  • DOUDOU le 23.10.2019 09:38 Report dénoncer ce commentaire

    Ce qui serait humain ce serait de rembourser les sommes détournées....

  • Grand Maître le 23.10.2019 08:37 Report dénoncer ce commentaire

    Cet homme est innocent de toutes les charges dont on l’accuse. Il le prouvera en appel. Libérez Balkany.

  • fab57 le 23.10.2019 06:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Non ta place est bel et bien en prison!

  • arnaud le 23.10.2019 06:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Il demande de l' humanité? Il a su profiter toutes ses années qu' il paie maintenant, ça c' est du civisme Mr Balkany