Étudiants bizutés à Toulouse

09 septembre 2018 17:54; Act: 10.09.2018 10:51 Print

«Je me sentais sale dans tous les sens du terme»

Le bizutage de 250 élèves infirmiers à Toulouse a suscité une virulente polémique en France, le ministre de l'Enseignement supérieur jugeant l'incident «intolérable».

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La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a jugé «intolérable» le bizutage subi par 250 nouveaux étudiants de l'IFSI (Institut de formation en soins infirmiers), et a apporté tout son soutien à l'enquête interne ouverte par le CHU de Toulouse, a-t-elle annoncé vendredi dans un tweet. «Ce type de pratique dégradante est intolérable», a déclaré la ministre.

Mercredi après-midi, l'ensemble des étudiants infirmiers de première année avait été soumis à un «bizutage de grande ampleur» alors qu'ils étaient réunis dans un amphithéâtre, selon un communiqué de la CGT CHU Toulouse. Attachés par deux avec du scotch, «certains les mains entre les jambes d'autres», les étudiants avaient été ensuite aspergés à l'extérieur avec divers produits : «de l'eau, des œufs, de la farine, jusque-là ça allait», détaille une étudiante interrogée par l'AFP.

«Il y avait vraiment un truc de domination»

«Puis c'était le ketchup, le vinaigre, la bétadine, la mousse à raser, l'ail, la pâtée, des copeaux de litière pour lapin, la soupe de poisson...». Un mélange «puant» qu'un lavage intégral et trois shampoings n'ont pas totalement effacé. «Je me sentais sale dans tous les sens du terme», confie-t-elle. Certains étaient aussi obligés de porter des couches sur la tête, quand d'autres, surtout des filles, se voyaient écrire «bizut» sur la poitrine. Selon la CGT, des étudiants tentant de quitter le groupe ont été empêchés de partir.

«Plusieurs étudiantes ont mal vécu cette situation» qui a duré plus d'une heure, explique la CGT, rappelant qu'une opération de bizutage semblable s'était aussi déroulée l'année précédente et que «rien n'avait été fait» par l'institution. Les jeunes filles, dont certaines étaient encore mineures, «tremblaient, d'autres ont clairement déclaré avoir été humiliées publiquement». «C'était une ambiance d'humiliation. Il y avait vraiment un truc de domination», confirme à l'AFP Célia, dont le prénom a été changé. «Ce n'était pas une situation réciproque, comme par exemple une grande bataille de lancer d'œufs entre promos».

«On n'arrêtait pas de nous dire "Nous on en a mangé plein la gueule l'année dernière, vous allez manger cette année et vous vous vengerez sur les autres l'année prochaine"», détaille-t-elle. La jeune fille, «sidérée» au moment des faits, «ne savait pas quand ça allait s'arrêter». «On était épuisés émotionnellement, dans un état second pour la plupart».

«Ils essayent de savoir qui parle»

«C'est impossible qu'une seule personne dans l'école n'ait pas été au courant, vu le bruit que ça faisait», accuse-t-elle, «Comment l'IFSI a pu tolérer ça alors que depuis trois jours on n'arrête pas de nous parler des valeurs du soignant, de l'empathie, du respect?». «Terrorisée», la jeune fille a choisi de cacher son identité car elle affirme que la direction leur a interdit de parler de l'événement à la presse, mais aussi à leur propre famille, ainsi que de publier des photos sur les réseaux sociaux. «Ils essayent de savoir qui parle. On nous dit "attention, vous savez ça peut avoir des conséquences"», confie-t-elle, désormais en colère.

Contacté par l'AFP, la direction du CHU «dément cette information, qui serait contraire à la loi» ainsi qu'aux «valeurs hospitalières et soignantes». Elle a rappelé s'être engagée pour que «la lumière soit faite sur cette situation». Dans un communiqué transmis samedi à l'AFP, le CHU de Toulouse affirme avoir rappelé aux étudiants que «les manifestations d'intégration et de type bizutage étaient strictement interdites par le règlement de l'établissement». Il assure que «les événements du 5 septembre ne sont pas conformes aux valeurs hospitalières de l'établissement» et a ouvert une enquête interne. A partir des premiers éléments de cette enquête, «des entretiens seront conduits par la direction du CHU» dès lundi prochain, promet l'établissement.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • 57 le 09.09.2018 19:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Honteux tous ces bizutages

  • aussi une vérité le 10.09.2018 08:23 Report dénoncer ce commentaire

    Un bon exemple de la mentalité des étudiants organisateurs et qui se voient par après dans des fonctions de décideurs sur d'autres travailleurs avec justement une telle mentalité.

  • Sowat le 09.09.2018 20:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce genre de choses est intolérable !!

Les derniers commentaires

  • Vindulux le 10.09.2018 14:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout un cinéma pour rien. Quand on décide de faire son baptême étudiant on sait très bien à quoi s’en tenir. De plus, rien de bien méchant dans cette université à Toulouse, venez en Belgique ...

  • Non mais on reve le 10.09.2018 12:01 Report dénoncer ce commentaire

    On nous l'a fait l'annee derniere donc on vous fait la meme chose cette annee ? Quelle est cette mentalite ? I l faut arreter ces choses nefastes !

  • scandaleux le 10.09.2018 09:52 Report dénoncer ce commentaire

    J'ai connu ca aussi. Ca allait jusque que au chantage avec le regard malsain des profs qui regardent - je trouve ca scandaleux. si tu ne restes pas jusqu'au bout on t'empechera d'avoir tes cours/copies

  • @Valérie le 10.09.2018 09:28 Report dénoncer ce commentaire

    Il y a 40 ans se produisaient des choses bien pires mais les victimes n'en parlaient pas par honte ou par peur de représailles!

  • WhatTheHell le 10.09.2018 09:21 Report dénoncer ce commentaire

    Quand tu fais un bizutage, t'es consentent. Tu peux dire stop quand tu veux.

    • @What le 10.09.2018 09:37 Report dénoncer ce commentaire

      Et bien, visiblement, non.

    • Rien ne les y force le 10.09.2018 09:39 Report dénoncer ce commentaire

      En plus t'es pas obligé d'y participer, tu peux rentrer chez toi , mais bon c'est trop coool d'en faire partie .... on voit le résultat.

    • ying et yang le 10.09.2018 13:11 Report dénoncer ce commentaire

      vous avez lu l'article? "Selon la CGT, des étudiants tentant de quitter le groupe ont été empêchés de partir" et"l'ensemble des étudiants infirmiers de première année avait été soumis à un «bizutage de grande ampleur» alors qu'ils étaient réunis dans un amphithéâtre". Ils ont reçu une invitation disant clairement qu'il y aurait bizutage et qu'ils pouvaient choisir de venir ou non?