Procès en France

21 novembre 2020 17:12; Act: 21.11.2020 18:40 Print

Jonathann Daval condamné à 25 ans de prison

Jonathann Daval a été condamné samedi à 25 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de la Haute-Saône pour le meurtre de sa femme Alexia en octobre 2017.

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Jonathann Daval a été reconnu coupable du meurtre de son épouse.

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Après deux heures et demi de délibéré les jurés ont donc rendu un verdict plus clément que les réquisitions de l'avocat général Emmanuel Dupic qui avait demandé la réclusion criminelle à perpétuité. Dans son box, Jonathann Daval a accueilli la décision, impassible.

«Pardon, pardon», avait-il imploré, son regard tourné vers les parents d'Alexia, avant que la cour ne se retire pour délibérer en début d'après-midi. Dans son réquisitoire, M. Dupic avait pointé un «crime conjugal (...) presque parfait», perpétré selon lui par l'accusé au motif qu'Alexia voulait le quitter, ses défenseurs mettant en garde contre une «boucherie judiciaire».

Le procureur en avait appelé aussi au «courage» des jurés. «Du fait de la médiatisation de cette affaire, cette décision sera regardée», avait-il relevé, avant de requérir «la réclusion criminelle à perpétuité», sans peine de sûreté. Là aussi, Jonathann Daval n'avait guère bronché. «Je crois (...) qu'il l'a tuée parce qu'Alexia voulait le quitter, tout simplement», avait soutenu M. Dupic qui a dépeint l'accusé en «manipulateur» et en «menteur».

«C'est ce qu'on appelle "un coup de sang"»

Ce crime «particulièrement épouvantable», c'est «une affaire de crime conjugal qui est devenue, en raison de la médiatisation, extrêmement emblématique», avait-il également souligné, rejetant par ailleurs la thèse d'un meurtre commis après une simple dispute conjugale.

«Un monde s'écroule pour Jonathann Daval. Alexia met fin à la relation» et «le scénario c'était ça, on ne devait pas retrouver le cadavre, Jonathann restait dans cette famille», selon M. Dupic, d'où la dissimulation du corps dans un bois et, surtout, la tentative d'insinération. «La vérité n'est pas entendable: c'est épouvantable de tuer une femme parce que vous ne voulez pas qu'elle vous quitte», a encore fustigé l'avocat général.

Avocat de Jonathan Daval, Me Randall Schwrdorffer a assuré que le meurtre n'était «pas prémédité, pas réfléchi». «C'est ce qu'on appelle "un coup de sang"», a-t-il lancé d'une voix de stentor. «La perpétuité c'est une peine qu'on prononce pour les criminels les plus dangereux de la société: Francis Heaulmes, tueur d'enfants, Michel Fourniret, Marc Dutroux, Guy Georges... Quel est le point commun avec Jonathann Daval ? Aucun. Si, la médiatisation», a poursuivi Me Schwerdorffer, qui a arpenté la cour d'assises faisant face aux jurés.

«J'ai plus d'avenir, je dois payer»

«Jonathann est effectivement un criminel. Il ne le conteste pas, vous allez le juger. Mais un jugement ce n'est pas une vengeance. Ce qu'on vous réclame, sur les bancs des parties civiles, c'est une vengeance, à cause des médias, des mensonges, parce qu'il a trahi ses beaux-parents (...) Tout ce qui fait l'affaire Daval, c'est la médiatisation», a-t-il insisté.

Sa consœur, Me Ornella Spatafora, a quant à elle rejeté toute «dangerosité criminologique» de son client, exhortant les jurés à prononcer «une peine juste» qui «sanctionnera Jonathann pour ce qu'il a fait et l'homme qu'il est».

Au cours des débats, Jonathann Daval, un informaticien de 36 ans, a reconnu avoir tué intentionnellement son épouse. «J'ai plus d'avenir (...) Je dois payer pour les actes que j'ai commis», a admis vendredi ce trentenaire émacié aux allures de frêle adolescent, victime mercredi soir d'un malaise vagal en plein interrogatoire.

(L'essentiel/afp)