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12 juin 2019 13:55; Act: 12.06.2019 14:42 Print

L'anesthésiste de Besançon reste en liberté

La cour d'appel de Besançon a décidé ce mercredi de maintenir en liberté le médecin anesthésiste mis en examen pour plusieurs empoisonnements.

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Frédéric Pechier, ici entouré de ses avocats. (photo: AFP/Sebastien Bozon)

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Le Dr Péchier, soupçonné de 24 empoisonnements, est maintenu en liberté sous contrôle judiciaire, a décidé ce mercredi la cour d'appel de Besançon, qui devait décider de le placer ou non en détention provisoire. Le médecin de 47 ans, à la large carrure, vêtu d'une sobre chemise blanche, a répondu à la convocation de la cour qui a décidé, dès l'ouverture de l'audience à 9h, qu'elle se tiendrait à huis clos, conformément aux réquisitions du parquet général.

Si la famille du médecin et la presse ont dû quitter la salle, une trentaine de victimes présumées ou de proches des victimes sont en revanche restés pour assister aux débats. Parmi ces proches, le père de la plus jeune victime présumée, un enfant opéré en 2016 à l'âge de 4 ans des amygdales et qui avait survécu à deux arrêts cardiaques.

Sans se prononcer sur la culpabilité ou l'innocence du praticien, les juges ont donc estimé que son maintien en liberté n'était pas susceptible de créer un trouble à l'ordre public, d'entraver l'enquête ou encore de faire peser une pression sur les victimes présumées.

«Arrêts cardiaques»

Autrefois praticien réputé, Frédéric Péchier a été mis en examen une première fois en 2017 pour sept cas d'empoisonnements, dont deux mortels. Laissé en liberté sous contrôle judiciaire à l'issue de cette première mise en examen, il l'a également été après la seconde, à la mi-mai, pour dix-sept autres cas, dont sept mortels.

L'anesthésiste est soupçonné d'avoir pollué, entre 2008 et 2017, des poches de perfusion de 24 patients âgés de 4 à 80 ans pour provoquer des arrêts cardiaques, démontrer ses talents de réanimateur et discréditer ses collègues d'une clinique de Besançon avec lesquels il était en conflit. Pour le procureur de la République de Besançon, il est «le dénominateur commun» de tous ces «événement indésirables graves», comme les désigne le jargon médical.

Parmi ses victimes présumées, certaines, restées plusieurs jours dans le coma après avoir subi des arrêts cardiaques à l'occasion d'opérations qui ne présentaient pas de difficultés particulières, en portent encore les séquelles. Dès 2017, le Dr Péchier s'était vu interdire d'exercer sa profession. Ce contrôle judiciaire a été renforcé à la mi-mai avec une obligation d'éloignement de Besançon et de ses environs.

Il réside depuis chez ses parents, non loin de Poitiers, là où il a débuté ses études de médecine et où son père exerce lui-même comme anesthésiste. À la mi-mai, le parquet avait immédiatement interjeté appel de la décision de la juge des libertés et de la détention de le laisser libre, estimant que l'anesthésiste devrait être désormais placé en détention provisoire, le temps de l'instruction de cette affaire.

(L'essentiel/afp)