Fausse alerte

21 mai 2019 21:47; Act: 21.05.2019 21:51 Print

«L'avion ne décollera pas, sinon il explosera»

Un jeune de 23 ans a été condamné, mardi en France, après une fausse alerte à la bombe destinée à éviter que ses parents viennent le voir.

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Un vol EasyJet, parti de Lyon pour Rennes avec 150 passagers, a dû faire demi-tour après un appel anonyme faisant état de la présence d'une bombe à bord de l'appareil.(Image prétexte)

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L'auteur d'une fausse alerte à la bombe sur un vol EasyJet Lyon-Rennes en janvier, un étudiant rennais de 23 ans qui ne voulait pas que ses parents viennent le voir, a été condamné mardi à Rennes à neuf mois de prison avec sursis.

Cheveux mi-longs, jean noir et baskets: devant le tribunal correctionnel, il a reconnu les faits, disant avoir voulu empêcher -par tous les moyens- ses parents d'effectuer le déplacement.

Poursuivi pour «communication de fausses nouvelles compromettant la sécurité d'un aéronef en vol», le jeune homme avait créé la pagaille le 18 janvier aux aéroports de Rennes-Dinard et de Lyon-Saint-Exupéry.

« Je pensais que l'appel reçu par une standardiste ne ferait pas grand chose »

«Écoutez-moi attentivement, l'avion Easyjet en provenance de Lyon vers Rennes ne décollera pas, sinon il explosera»: le vol EasyJet, parti de Lyon pour Rennes avec 150 passagers, avait dû faire demi-tour après un appel anonyme faisant état de la présence d'une bombe à bord de l'appareil.

Une douzaine de vols avaient été retardés et un avion de la Lufthansa, empêché d'atterrir à Lyon, avait été dérouté vers Genève. L'étudiant avait utilisé un logiciel pour modifier sa voix. Géolocalisé par l'intermédiaire de son smartphone, il avait été interpellé à l'arrivée de ses parents qui avaient finalement atteint Rennes à bord d'un autre avion.

«Je pensais que l'appel reçu par une standardiste ne ferait pas grand chose», a déclaré le prévenu à la barre.

« Je passais ma journée à fumer des joints »

La visite de ses parents? «Impensable», selon lui. «Je passais ma journée quand je n'avais pas cours à fumer des joints. C'était deux jours parfaits où je n'avais pas d'obligation», a expliqué d'une voix calme et posée le jeune homme, titulaire d'un Deug de Droit et inconnu de la justice.

«J'avais essayé de les dissuader», a-t-il ajouté. Connue de ses parents, son addiction au cannabis - jusqu'à dix joints par jour - «était leur ennemi n°1. Cela aurait créé un événement familial» (un psychodrame, ndlr), a dit l'étudiant qui voulait aussi cacher le désordre de son logement.

Le tribunal a condamné le jeune homme à neuf mois d'emprisonnement assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve de deux ans, obligation de soins et de formation. Le tribunal a requalifié les faits et déclaré le prévenu coupable de «délit de communication ou divulgation de fausses informations dans le but de faire croire qu'une destruction ou une dégradation a été commise».

À son procès, le jeune homme a dit vouloir arrêter le cannabis pour reprendre ses études de droit et devenir avocat. Il s'est aussi excusé auprès des parties civiles. Ses parents, avec lesquels il affirme avoir renoué le dialogue, n'étaient pas présents.

(L'essentiel/afp)