Affaire Daval

28 janvier 2019 17:43; Act: 28.01.2019 17:47 Print

L'avocat du meurtrier sera poursuivi à son tour

Me Randall Schwerdorffer, l'avocat de Jonathann Daval qui avait tué son épouse, est accusé d'avoir violé le secret de l'instruction.

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L'avocat de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer, sera poursuivi pour violation du secret de l'instruction en marge de l'enquête sur le meurtre de son épouse, Alexia Daval, en octobre 2017, qu'il a reconnu, a-t-on appris lundi, auprès du procureur de la république, à Besançon. Les faits reprochés au pénaliste bisontin remontent au 7 décembre 2018, lors d'une confrontation entre son client et la mère de la victime, au tribunal de grande instance de Besançon.

Entretien avec la mère

Une enquête préliminaire pour violation du secret de l'instruction a été ouverte, début janvier, par le parquet de Besançon. Celle-ci «met en évidence que durant les 7 minutes où Me Schwerdorffer s'est absenté du cabinet du juge d'instruction, il est descendu dans la cour du palais de Justice et a rencontré la mère de son client, pour évoquer brièvement la confrontation en cours», a expliqué à l'AFP Étienne Manteaux, procureur de la République à Besançon.

«À ce stade, Jonathann Daval était en pleurs et avait craqué, mais il maintenait sa version des faits confirmant qu'il n'était pas l'auteur des coups ayant entraîné la mort d'Alexia», a détaillé M. Manteaux. Me Schwerdorffer avait ensuite regagné le cabinet du juge. Quelques heures plus tard, à l'issue de la confrontation, le procureur de la République avait annoncé que Jonathann était passé aux aveux. Entre-temps, l'échange entre l'avocat et la mère de Jonathann avait été relayé dans la presse locale.

Tenue d'un procès

«Si l'on considère que le fait d'avoir dit à la maman de Jonathann qu'il pleurait et qu'il s'était effondré lorsqu'on lui avait montré la photo du chat d'Alexia, c'est une violation du secret de l'instruction, je m'étonne qu'il n'y ait aucune volonté de rechercher les auteurs des graves violations du secret de l'instruction dans ce dossier», s'est indigné Me Schwerdorffer. Étienne Manteaux a confirmé la tenue d'un procès et précisé qu'il avait demandé le dépaysement du dossier, Me Schwerdorffer «étant avocat à Besançon».

(L'essentiel/nxp/afp)