«Gilets jaunes» en France

06 décembre 2018 08:41; Act: 06.12.2018 09:32 Print

L'Élysée craint «une très grande violence» samedi

L'exécutif s'évertue jeudi à convaincre qu'il a compris la colère des «gilets jaunes», à deux jours d'une nouvelle mobilisation qui fait craindre une explosion de violence.

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L'Élysée s'attend à «une très grande violence» samedi, a déclaré le palais présidentiel, mercredi soir, peu après que le gouvernement avait fait un geste qu'il espère décisif en renonçant «pour l'année 2019» aux augmentations de taxes sur les carburants, ce qui était la revendication à l'origine du mouvement des «gilets jaunes».

L'exécutif s'évertue encore jeudi à convaincre qu'il a entendu et compris la «colère insaisissable et incontrôlable» des «gilets jaunes», à deux jours d'une nouvelle mobilisation qui fait craindre une explosion de violence. Des dizaines d'appels à manifester samedi, à Paris, se concurrencent sur les réseaux sociaux, donnant pour la plupart rendez-vous sur les Champs-Élysées, qui a été le théâtre de scènes d'émeutes, le 1er décembre. Jeudi, le Premier ministre Édouard Philippe poursuit au Sénat un débat engagé mercredi à l'Assemblée pour défendre les mesures prises en urgence: outre l'annulation pour l'heure de la taxe carbone, il s'agit d'un gel des tarifs du gaz et de l'électricité cet hiver, et du renoncement à durcir le contrôle technique automobile avant l'été.

«Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions»

Édouard Philippe a également jugé «nécessaire» un débat sur la réforme de l'Impôt sur la fortune (ISF) - que le président Emmanuel Macron exclut de remettre en place. Toutes ces annonces répondent à des demandes des «gilets jaunes». Mais pour près de huit Français sur dix (78%), les annonces du gouvernement ne répondent pas aux attentes exprimées par les «gilets jaunes», selon un sondage Elabe diffusé mercredi, alors qu'il n'était question que d'un moratoire de six mois. Le chef du gouvernement n'a pu que reconnaître mercredi que la «colère est demeurée insaisissable et incontrôlable». Le président Emmanuel Macron, cible de toutes les critiques sur les points de blocage, a demandé de son côté solennellement aux partis politiques, aux syndicats et au patronat «de lancer un appel clair et explicite au calme».

«Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions», a relayé devant les députés Édouard Philippe: «Tous les acteurs du débat public, responsables politiques, responsables syndicaux, éditorialistes et citoyens, seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent». L'exécutif redoute avant tout une nouvelle explosion de violences ce week-end, et une extension de la colère à d'autres secteurs, au moment où la FNSEA annonce que les agriculteurs vont eux aussi se mobiliser. Les fédérations CGT et FO du secteur du transport routier ont appelé pour leur part à la grève, à partir de dimanche soir, pour une durée indéterminée. La situation est également tendue dans les lycées. Partout en France, les appels à se mobiliser une nouvelle fois, samedi, se multiplient et le ministère de l'Intérieur fait état d'une «mobilisation de la part de l'ultradroite et de l'ultragauche».

(L'essentiel/afp)