Purge d'Halloween

08 novembre 2018 09:32; Act: 08.11.2018 09:53 Print

L'étudiant veut porter plainte contre Castaner

L'étudiant, qui avait appelé à une «purge» des policiers le soir d'Halloween, juge les poursuites du ministre français de l'Intérieur «injustes et disproportionnées».

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Le ministre français de l'Intérieur avait immédiatement réagi et appelé à des sanctions. (photo: AFP/Ludovic Marin)

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Le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait annoncé le 29 octobre, sur Twitter, le dépôt d'une plainte en vue de poursuites judiciaires, qualifiant l'initiative du jeune homme «d'appel au meurtre». Le jeune Isérois de 19 ans trouve cela disproportionné et veut porter plainte.

«L'intention de cette plainte, je la confirme. Par contre, je n'ai pas encore trouvé la qualification qui me permettrait de satisfaire la volonté déterminée de mon client», a annoncé jeudi son avocat Ronald Gallo, confirmant une information de France Bleu Isère. «Il estime qu'il a été excessivement pointé du doigt et que si le ministre n'avait pas pris cette initiative, il n'est pas sûr qu'il eût été traité de cette manière sur le plan public et mis au pilori comme il le ressent», a-t-il ajouté.

«La purge, ce n'est pas une blague»

L'étudiant à l'origine du premier message devenu viral, doit être jugé le 28 novembre pour «provocation, non suivie d'effet, au crime ou délit», après son appel à la «purge» le mercredi 31 octobre, soir d'Halloween. Il avait évoqué de son côté «une énorme blague». «Halloween doit rester une fête. La purge, ce n'est pas une blague», avait répondu par la suite M. Castaner, qui avait demandé aux préfets "une mobilisation renforcée" des forces de l'ordre pour les festivités.

Selon le ministère de l'Intérieur, 116 interpellations ont eu lieu dans la soirée du 31 octobre «qui ont donné lieu à 82 gardes à vue». Dans le Rhône notamment, 12 personnes avaient été interpellées, la plupart à Lyon à la suite de bousculades, jets de projectiles, feux de poubelles et de véhicules, selon la police. Les interpellés sont essentiellement des mineurs, dont un qui avait relayé l'appel à la «purge» contre les policiers sur les réseaux sociaux. Ces appels s'inspirent d'une série américaine, «The Purge», dans laquelle, aux États-Unis, tous les crimes sont autorisés le temps d'une nuit.

(L'essentiel/afp)