En France

22 octobre 2019 16:32; Act: 22.10.2019 16:41 Print

La collègue démembrée était appelée «Calimero»

Une mère de famille de 55 ans est jugée depuis lundi à Toulouse pour avoir tué et démembré sa collègue de travail, qui était une personne craintive et vulnérable.

storybild

Maryline Planche a été tuée par Sophie Masala, le 12 mai 2016, dans l’appartement dont elle était propriétaire dans le centre de Toulouse.

Sur ce sujet
Une faute?

Maryline Planche, tuée et découpée par sa collègue de travail à Toulouse en 2016, a été décrite mardi comme une salariée investie et perfectionniste mais aussi une femme craintive et vulnérable, lors du procès aux assises de sa meurtrière présumée, Sophie Masala. Lors de la deuxième journée d’audience du procès de Sophie Masala, jugée pour homicide volontaire, la cour d’assises de la Haute-Garonne s'est penché sur l’intimité de la victime, âgée de 52 ans au moment de sa mort.

Décrite comme prévenante, introvertie, humble, et dotée d’un humour pince sans rire, elle avait aussi été surnommée «Calimero» pour une tendance à la plainte, et un passé de bouc-émissaire. Souffrant d’un manque de confiance en elle, elle s’était inventé un compagnon imaginaire vivant en Allemagne, et avait un penchant pour l’alcool. Au travail, dans les bureaux de l’Agefiph, organisme chargé de trouver des débouchés professionnels aux handicapés, elle avait refusé d’être reconnue travailleuse handicapée, malgré une déficience auditive et visuelle.

Regrets de l'accusée

Plus lente que les autres, Maryline Planche faisait des heures supplémentaires pour ne pas être prise en faute par ses supérieurs. À la barre, le patron de l’Agefiph Midi-Pyrénées, Jean de La Rivière, confie ne pas avoir remarqué de tensions entre Maryline Planche et Sophie Masala. Au sujet de l'accusée, il n’avait «rien à redire», jusqu’à un vol de tickets restaurants (pour une trentaine d’euros en avril 2016), un mois avant le drame. La veille, l’étude de personnalité avait dépeint la cleptomanie de Mme Masala. «Ce qui est étonnant dans cette affaire, c’est que je n’ai rien vu», dit M. de La Rivière.

Maryline Planche se chargeait d’accueillir les nouveaux avec bienveillance, selon Olivier Nouvelière, délégué du personnel au sein de l’Agefiph Midi Pyrénées. «Elle avait à cœur de rendre service. Je l’ai connue négligée, dans son aspect vestimentaire et son hygiène, puis elle est s'est ressaisie et est devenue coquette. Elle avait besoin qu’on la rassure, elle sortait fumer avec Sophie Masala; pour moi, c’était une relation banale entre deux collègues», détaille-t-il. Bref, apparemment rien de nature à déclencher l’ire de sa meurtrière, font remarquer les avocats de la partie civile.

«Victime idéale»

«Mais alors quand est-ce qu’elle vous a fait du mal?», demande à l’accusée Me Georges Catala, avocat de la famille Planche. «J’ai essayé de l’aider, je me suis sentie rejetée comme avec ma mère, j’ai fait une comparaison avec ma mère, malheureusement. (...) Je regrette ce que j’ai fait, je ne peux pas revenir en arrière», lui répond Sophie Masala, parcourue de sanglots. Lundi à l’audience, la sœur de l’accusée avait mis l’accent sur la relation exécrable entre Sophie et sa mère. «Je pense que (notre mère) ne l’a jamais serrée dans ses bras, ne lui a jamais dit un mot d’amour, notre mère était très violente». Pour l’experte psychiatre, Sophie Masala avait associé Maryline Planche, à l’image maternelle qui l’a tant fait souffrir.

Le collègue de travail, Olivier Nouvelière, évoque lui, en revenant sur l'affaire du vol de tickets restaurant, une «femme qui voulait nous manipuler», et qui pourrait avoir tenté de voler et faire chanter Maryline Planche, «une victime faible et idéale». Maryline Planche a été tuée le 12 mai 2016, dans l’appartement dont elle était propriétaire dans le centre de Toulouse. Sophie Masala, qui a reconnu les faits mais nie l'intention d'homicide, est accusée de lui avoir brisé le crâne avec une bouteille lors d’une dispute, avant de faire disparaître le corps en le coupant en morceaux jetant les membres dans le Canal du Midi, sauf la tête, qu'elle a enterrée près de chez elle, «comme un trophée», selon l'experte-psychiatre. Le procès, qui a débuté lundi, se termine vendredi.

(L'essentiel/afp)