Agression transphobe à Paris

03 avril 2019 07:19; Act: 03.04.2019 10:09 Print

«La douleur part, mais l'humiliation reste»

Une femme transgenre a été prise à partie et frappée, dimanche, au centre de Paris, en marge d'une manifestation réclamant un changement de régime en Algérie.

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«Un effet de meute insupportable». Voilà comment l'agression survenue dimanche dernier en plein Paris est qualifiée par l'association SOS Homophobie. Elle a diffusé mardi sur son compte Twitter des images, issues des réseaux sociaux, qui ont provoqué une vague d'indignation en France. Un membre de l'association explique à France Info la genèse de cette histoire. «L'auteur de la vidéo m'a raconté qu'un jeune a craché sur cette femme transgenre. Elle s'est approchée pour avoir des explications et c'est là qu'elle s'est fait frapper». SOS Homophobie précise que le groupe d'hommes chante en arabe une chanson qui signifie: «Tu es une friandise, tiens voilà le gâteau ou le bonbon, le chocolat».

Le Huffington Post a retrouvé la victime de l'agression. Julia décrit une agression qui a débuté, avant les images que l'on voit sur la vidéo. Trois hommes lui auraient bloqué le passage alors qu'elle voulait prendre le métro. «L'un d'eux m'a alors touché la poitrine en s'étonnant que j'ai effectivement des seins».

«Même avec eux j'ai été humiliée»

Et le calvaire ne fait que débuter: «J'ai dégagé sa main (...) Il a alors sorti son sexe et m'a demandé de lui faire du bien. (...) D'autres hommes m'ont jeté de la bière, m'ont insultée. Un homme m'a giflée. Ensuite c'est là que la vidéo commence...».

Sur les images, on voit à la fin de la séquence l'intervention des agents RATP qui mettent la victime à l'abri. Julia raconte qu'ils ont été particulièrement maladroits: «Même avec eux j'ai été humiliée. Ils m'ont appelée Monsieur, puis m'ont demandé pourquoi j'étais là». Les agents lui auraient également dit qu'il ne «fallait pas s'habiller comme ça».

«Le plus traumatisant ce n'est pas les coups ou la douleur, mais l'humiliation. La douleur part, mais l'humiliation reste. C'est ça qui est le plus dur à gérer. C'est un choc psychologique, je me suis sentie salie», conclut Julia, qui annonce qu'elle déposera plainte mercredi. Une enquête pour violences aggravées par la circonstance qu'elles ont été commises en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre a été ouverte.

(L'essentiel/cga)