Tondue et frappée

24 octobre 2020 15:43; Act: 24.10.2020 15:53 Print

La famille de la jeune musulmane a été expulsée

Cinq membres de la famille de la jeune musulmane bosniaque, tondue en août à Besançon parce qu'elle était amoureuse d'un Serbe chrétien, ont été expulsés samedi vers Sarajevo.

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Les parents avaient été interpellés vendredi soir dès la fin de leur procès à Besançon. (photo: AFP)

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Il s'agit des parents de la jeune fille et de trois de leurs enfants, a-t-on précisé dans l'entourage du ministre français de l'Inétrieur, Gérald Darmanin. Les parents avaient été interpellés vendredi soir dès la fin de leur procès à Besançon, qui s'est achevé par leur condamnation en première instance à un an de prison dont quatre mois de sursis, assortie d'une interdiction du territoire français pendant cinq ans. L'oncle et la tante de la jeune fille, condamnés à la même peine que les parents, bénéficient du statut de réfugié.

La jeune fille âgée de 17 ans sera, elle, «prise en charge par l'aide sociale à l'enfance et obtiendra à sa majorité un titre de séjour», ont ajouté le ministre de l'Intérieur et la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, dans leur communiqué commun.

Metz puis Nancy et Sarajevo

Après leur interpellation, les cinq membres de la famille de la jeune fille ont été acheminés au Centre de rétention administrative de Metz, puis conduits samedi matin à Nancy pour rallier Sarajevo, a-t-on précisé dans l'entourage de M. Darmanin.

«Je suis scandalisée», a réagi Me Catherine Bresson, avocate des parents, précisant qu'elle ignorait la présence de fonctionnaires de la Police de l'air et des frontières au tribunal et ne trouvait «pas normal» que l'expulsion «ait été faite dans le dos de tout le monde, en catimini». L'avocate a toutefois admis que cette expulsion était «légale» et n'avoir «juridiquement aucun moyen de s'y opposer».

Dire au revoir à ses frères et soeurs

Ses clients auxquels le statut de réfugié politique avait été refusé, a-t-elle expliqué, avaient «signé les documents pour rentrer dans leur pays bien avant les faits», leur retour étant repoussé en raison du Covid et pour des questions administratives. «Ils n'avaient pas besoin de Darmanin», a insisté Me Bresson.

Avocate de la victime, Me Céline Party, a relevé de la même manière que les parents "faisaient l'objet d'une obligation de quitter le territoire français" et «avaient opté pour un départ volontaire qui n'a pu se mettre en place à cause du confinement». «J'aurais souhaité que les choses ne se fassent pas de cette manière pour que ma cliente puisse dire au revoir à ses frères et soeurs», a-t-elle toutefois ajouté.

(L'essentiel/AFP)