Après les attentats

28 mars 2018 14:09; Act: 28.03.2018 15:25 Print

La France rend hommage au colonel Beltrame

La France a rendu ce mercredi aux Invalides un hommage solennel au colonel décédé en héros lors de la prise d'otages de Trèbes (sud), vendredi.

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Devant le cercueil du gendarme recouvert d'un drapeau français, en présence de plus de 1 200 invités et du gouvernement au complet, le président Emmanuel Macron a célébré le courage du gendarme qui a donné sa vie pour sauver une otage lors de l'attaque jihadiste de vendredi dans l'Aude. «Sa grandeur a sidéré la France», a-t-il lancé, devant une foule émue et silencieuse, convoquant l'histoire pour le placer dans la lignée des héros français, de Jean Moulin à Jeanne d'Arc et Charles de Gaulle, des soldats de Verdun aux combattants du maquis et aux Justes.

Décrivant comment le gendarme avait «levé les bras et s'était avancé seul vers le terroriste» et «pris la place de l'otage», il a raconté «la lueur d'espoir» qu'il avait eue que le gendarme survive, avant d'apprendre son décès. «Pendant ces heures interminables (...) dans la salle de commandement du ministère de l'Intérieur, nous avons tous espéré. Chef des armées, j'ai moi aussi, ô combien, espéré. Le petit matin, hélas, nous apportait la nouvelle de sa mort, comme un coup au cœur».

Des centaines d'anonymes présents

Emmanuel Macron a fustigé «l'obscurantisme barbare», les «imams de haine» et le «relativisme morne», et aussi évoqué la mémoire de l'octogénaire Mireille Knoll, «assassinée parce qu'elle était juive», faisant le lien avec tous ceux qui «profanent nos valeurs sacrées». «Nous l'emporterons par la cohésion d'une nation rassemblée», a-t-il martelé. «Sa mémoire vivra, j'y veillerai. Je vous le promets». Le président de la République a ensuite déposé sur son cercueil la croix de commandeur de la Légion d'honneur.

L'hommage a réuni tous les courants politiques: les anciens présidents François Hollande et Nicolas Sarkozy, les dirigeants politiques de tous bords dont Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Laurent Wauquiez, plus de 300 députés et des anciens ministres, dont François Fillon, Alain Juppé, Manuel Valls. Dans la foule figuraient aussi les familles des victimes, les personnes présentes lors de l'attaque, des élus des communes touchées ainsi que des centaines d'anonymes, dont de nombreux militaires.

Après la cérémonie, le chef de l’État a reçu à huis clos les familles d'Arnaud Beltrame et des autres victimes. Escorté de motards de la garde républicaine, le convoi funéraire était parti du Panthéon, le monument dédié aux grandes personnalités françaises, tandis qu'une minute de silence était observée dans toutes les gendarmeries et préfectures, mais aussi à l'Élysée et place Beauvau. Des milliers de personnes, dont des centaines de lycéens, ont salué le passage de sa dépouille dans les rues de Paris, le long d'un trajet jalonné de CRS, gendarmes mobiles, cavaliers à cheval et sapeurs-pompiers, en tenues d'honneur.

(L'essentiel/afp)