À Grenoble

04 mars 2019 07:15; Act: 04.03.2019 09:49 Print

La mort de deux jeunes a créé des tensions

Une nuit d'émeutes a suivi la mort de jeunes de 17 et 19 ans à Grenoble. Ils circulaient à scooter, poursuivis par la police, au moment de l'accident.

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Deux jeunes de 17 et 19 ans se sont tués à scooter alors qu'ils étaient poursuivis par la police, samedi soir à Grenoble, un drame qui a déclenché une nuit d'émeutes dans leur quartier où les forces de l'ordre restaient mobilisées. La nuit de dimanche à lundi a été beaucoup plus calme. Une information judiciaire a été ouverte pour éclaircir les circonstances dans lesquelles les deux victimes (qui circulaient sans casque sur un scooter de grosse cylindrée, volé et dépourvu de plaques) ont trouvé la mort en percutant un autocar, tandis qu'un véhicule de la brigade anticriminalité les suivait.

Le parquet évoque pour l'heure un accident, alors que l'idée d'une bavure prévaut dans le quartier Mistral, où vivaient les deux jeunes. Lors d'une conférence de presse, le procureur a écarté, en l'état d'une enquête, tout choc entre le véhicule de la police qui suivait les deux jeunes et le scooter. «J'ouvre une information pour recherche des causes du décès. Je ne vise aucune infraction commise par les uns ou les autres», a-t-il insisté. Les premières investigations s'appuient notamment sur les images d'une caméra de vidéosurveillance et le témoignage du chauffeur de l'autocar.

Une nuit de violences

Le drame est survenu vers 22h30, autour d'un pont et d'une bretelle d'autoroute. Ayant aperçu le scooter dans son rétroviseur, suivi d'un véhicule de police, le conducteur du bus (dont les tests d'alcoolémie et aux stupéfiants se sont avérés négatifs) affirme avoir serré à droite pour les laisser passer. À ce moment-là, les deux jeunes tentaient, eux, de le doubler par la droite et ils se sont retrouvés coincés contre le parapet, selon le procureur. L'intervention des policiers était «totalement justifiée», d'après le parquet: ils n'auraient pas suivi les deux jeunes «s'ils n'avaient pas mis les autres usagers de la route en danger, en brûlant des feux rouges, en roulant sur le trottoir, en roulant à vive allure».

Dans la nuit, le drame a déclenché de violents incidents dans le quartier Mistral, où une caserne de CRS a été prise pour cible. Des policiers et gendarmes, arrivés en renfort, ont répliqué à des jets de cocktails Molotov par des tirs de grenades lacrymogènes et de balles de défense. Des voitures et des poubelles ont été incendiées, ainsi que le hall d'une école d'infirmières, un local associatif et du mobilier urbain. Aucune interpellation n'a eu lieu.

(L'essentiel/afp)