Violences sexistes

19 mars 2019 14:23; Act: 19.03.2019 16:58 Print

La présence de Ramadan est «une provocation»

L'islamologue Tariq Ramadan a fait scandale, lundi soir, en assistant à une conférence sur les violences faites aux femmes, en banlieue parisienne.

Un résumé de l'affaire Tariq Ramadan.

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La présence de l'islamologue Tariq Ramadan, inculpé pour viols, dans le public d'une conférence contre les violences faites aux femmes à Saint-Denis (banlieue parisienne) a suscité mardi l'indignation, la municipalité condamnant une «provocation inacceptable».

L'intellectuel musulman, qui fut une figure aussi influente que controversée de l'islam européen, est inculpé depuis le 2 février 2018 pour deux viols, dont un sur personne vulnérable, des accusations qu'il conteste. Il a été remis en liberté mi-novembre, sous contrôle judiciaire, après neuf mois de détention provisoire.

Quelque 70 personnes assistaient à cette réunion publique organisée lundi soir à la mairie sur le thème «Lutter contre les violences envers les femmes au quotidien», a expliqué à l'AFP Madjid Messaoudene, conseiller municipal chargé de l'égalité femme-homme et de la lutte contre les discriminations.

«Ses provocations ignobles doivent s'arrêter»

Tariq Ramadan, qui est domicilié à Saint-Denis depuis sa libération conditionnelle mi-novembre, s'est installé dans le public. «Il lui a été dit à plusieurs reprises que sa présence n'était pas souhaitée», a expliqué l'élu. Face à son refus de quitter la salle, plusieurs personnes ont décidé de partir, a-t-il ajouté.

«Sa venue dans la salle comme spectateur du débat est une provocation inacceptable», a dénoncé la municipalité mardi dans un communiqué. «Ni la municipalité ni les participant.e.s n'avaient invité monsieur Ramadan à venir, ni même souhaité sa présence», a-t-elle ajouté, rappelant qu'il n'est cependant «pas possible de faire sortir par la contrainte physique un participant à une réunion publique». «Ses provocations ignobles doivent s'arrêter», a encore estimé la mairie, appelant l'intellectuel suisse à «respecter un minimum de décence en laissant en paix celles et ceux qui se battent contre les violences faites aux femmes».

(L'essentiel/afp)