Affaires en France

08 avril 2019 20:52; Act: 09.04.2019 12:11 Print

«La question, c'est savoir où il a mis son corps»

La cellule d'enquête spéciale chargée de fouiller le passé de Nordahl Lelandais a isolé 40 dossiers de disparitions ou de décès suspects: 27 hommes, 12 femmes et une mineure.

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Meurtrier présumé de Maëlys et d'Arthur Noyer, Nordahl L. pourrait être impliqué dans de nombreuses autres disparitions jamais élucidées ou des morts suspectes. Depuis plus d'un an, la cellule Ariane fouille dans le passé et la personnalité du trentenaire pour tenter d'y voir plus clair sur sa possible implication dans environ 900 affaires. En début d'année, les enquêteurs ont annoncé avoir isolé quarante dossiers pouvant potentiellement avoir un lien avec Nordahl L. Au grand désespoir des familles des disparus, les autorités n'ont pas encore révélé l'identité des personnes concernées par cette enquête poussée.

Le Parisien a investigué de son côté. Et selon le quotidien, ces 40 fameux dossiers concerneraient 27 hommes, 12 femmes et une mineure. Il s'agirait de 35 disparitions inquiétantes et de 5 morts suspectes, survenues dans 6 départements différents. D'emblée, un haut fonctionnaire prône la prudence: «Il y a des interrogations, parfois grosses, sur certains dossiers. Mais à ce jour, aucun élément ne permet de l'impliquer (ndlr: Nordahl L.) et il est possible qu'aucune preuve ne soit trouvée.»

Les disparus du Fort Tamié au sommet de la pile de dossiers

Selon Le Parisien, neuf enquêtes ont été placées en tête de liste. Les gendarmes s'intéressent tout particulièrement aux cas de deux Savoyards de 22 et 45 ans, disparus à un an d'intervalle lors du même festival électro au Fort Tamié, en 2011 et 2012. Les enquêteurs savent que Nordahl L. se trouvait en Savoie à cette période-là et qu'ils connaissait Ahmed Hamadou, l'un des deux disparus. Pour l'heure, rien ne prouve cependant que l'ex-militaire, amateur de rave parties, a assisté à ce festival.

Moins médiatisée, la disparition de Hugo Raffi, 18 ans, fait également l'objet de recherches approfondies. En 2012, le jeune homme avait quitté son domicile d'Albertville (Savoie) en tongs, sans téléphone ni papiers. Il n'a jamais redonné signe de vie.

«Je suis convaincu qu'il est responsable de la mort de mon fils»

Parmi les cinq morts suspectes passées sous la loupe des enquêteurs, il y a celle de Thomas Rauschkolb. Le cadavre du jeune homme de 18 ans avait été retrouvé dans une rivière près de Chambéry, fin 2014. La veille, la victime avait passé la soirée en boîte. Il a d'abord été question d'une mort accidentelle, mais le père de Thomas n'y a jamais cru: son fils n'avait pas l'habitude de suivre cet itinéraire et il avait perdu une chaussure en route. En outre, sa ceinture était restée bizarrement accrochée à un grillage.

Entre scepticisme, espoir et craintes, les familles des disparus ne savent plus à quel saint se vouer. Le père de Jean-Christophe Morin, l'un des deux disparus du Fort Tamié, ne croit pas trop au travail de la cellule Ariane, qu'il perçoit comme un coup médiatique. «Je ne vois pas ce qu'ils vont faire en plus», confie Daniel Morin, qui s'accroche tout de même à l'infime espoir d'obtenir, enfin, des réponses de Nordahl L.: «S'ils arrivent à le faire parler, je serai évidemment reconnaissant. Je suis convaincu qu'il est responsable de la mort de mon fils. La seule question, c'est de savoir où il a mis son corps».

(L'essentiel/joc)