Effroi sur la tour Eiffel

22 mai 2019 12:12; Act: 22.05.2019 12:14 Print

«La seule solution était de miser sur la négociation»

Le commissaire de police qui est parvenu à gagner la confiance de l'homme suicidaire qui avait escaladé la tour Eiffel lundi raconte comment s'est passée l'intervention.

Sur ce sujet
Une faute?

Il aura fallu près de six heures de négociation pour qu'un effroyable drame soit évité. Olivier Goupil, le commissaire de police qui a très longuement discuté avec l'homme ayant escaladé la tour Eiffel lundi s'est confié au «Parisien». Il revient sur cette intervention hors du commun, qui a entraîné la fermeture du site et l'évacuation de 2500 touristes.

L'homme, un demandeur d'asile russe de 37 ans, a passé près de 6 heures debout sur une poutrelle, à 300 mètres de hauteur, après avoir franchi les dispositifs de sécurité. Sans harnais ni matériel, l'individu n'avait rien d'un grimpeur aguerri en mal de sensations fortes. «Cet homme était dans une grande détresse psychologique. Il était juste fatigué de vivre», explique le commissionnaire de police, qui a été parmi les premiers membres de forces de l'ordre arrivées sur les lieux. Très vite, les équipes d'intervention ont compris que le seul moyen d'éviter un drame était de négocier: «Il se trouvait sur un arc-boutant sous le 3e étage, on n'avait pas la possibilité technique non plus de poser un filet en dessous de lui», explique Olivier Goupil.

«Il a juste expliqué qu'il était seul au monde»

Assis sur un local technique, les pieds dans le vide, le commissaire s'est improvisé négociateur, tentant de gagner la confiance du trentenaire. Le policier a rapidement compris qu'il avait affaire à une personne suicidaire: «Il parlait très peu. Juste quelques mots d'anglais. Il regardait souvent le sol (...) et semblait très confus», résume Olivier Goupil. Pour le policier, pas question de tenter quelque geste que ce soit: «Dans ce cas de figure, il ne faut surtout pas tenter de l'approcher pour le maîtriser de force. Il pourrait prendre peur et sauter», explique le sergent-chef des pompiers de Paris.

Jusqu'en fin de journée, Olivier Goupil a tenté de raisonner le désespéré. Une employée russophone de la tour Eiffel est venue l'épauler. «Le grimpeur ne réclamait rien, ne revendiquait rien… Il a juste expliqué que tous les membres de sa famille étaient morts, qu'il était seul au monde et qu'il voulait en finir», confie le commissaire. À force de patience, les équipes d'intervention sont parvenues à gagner la confiance du malheureux, qui a fini par se rapprocher des pompiers à la tombée de la nuit. Sanglé et ramené à l'intérieur du monument, l'homme a été brièvement placé en garde à vue avant d'être transféré dans un institut psychiatrique.

(L'essentiel/joc)