En France

28 mai 2019 08:40; Act: 28.05.2019 09:31 Print

Le Brexit bouscule les familles binationales

La sortie annoncée du Royaume-Uni de l'UE remet en question tous les repères identitaires et culturels de nombreuses familles franco-britanniques qui vivent en France.

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La vie de familles binationales a basculé au soir du référendum ouvrant la voie au Brexit. Comment rester en France? Quelle nationalité prendre ou garder?

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«C'est un cauchemar, on ne sait même plus qui nous sommes!». Le Brexit bouscule tous les repères identitaires et culturels de nombreuses familles franco-britanniques comme les Bailey qui ont fait du Lot-et-Garonne leur terre d'adoption. Avant le référendum du 23 juin 2016, Joël, Julie et leurs enfants coulaient des jours tranquilles à Saint-Colomb-de-Lauzun, petit village pittoresque et cosmopolite où Joël dirige une école internationale de langues. Cela fait 13 ans que le couple et leur bébé Lyton, tous trois nés en Angleterre, sont installés en France, où la famille s'est agrandie avec la naissance en 2009 de Florence.

Leur vie bascule au soir du référendum ouvrant la voie au Brexit. Comment rester en France? Quelle nationalité prendre ou garder? Joël et Julie d'abord, devront demander la «naturalisation» pour rester à Saint-Colomb, même si Julie a donné naissance à la petite dernière en France. «Je vis dans ce pays depuis 13 ans, j'ai un CDI, je paie mes impôts et mes cotisations sociales en France mais après le Brexit, je ne pourrai plus y assumer ma charge de famille, ni jouir de la citoyenneté européenne et des droits qui vont avec», explique le père en plein désarroi. Pour Florence, 10 ans, née sur le sol français, la naturalisation sera automatique si elle la demande. Idem pour Lyton, 13 ans, né en Angleterre et arrivé en France à 5 mois, qui peut faire jouer le droit de la fratrie pour obtenir la nationalité française.

«L'Angleterre est en train de voler mes droits»

Un choix que les enfants feront peut-être à leur majorité... «Mais pas moi, objecte leur mère Julie, en tout cas pas contrainte et forcée par les nationalistes de mon pays qui font campagne pour le Brexit», s'enflamme-t-elle. «C'est comme si j'étais contrainte de prendre la nationalité française... et pas pour les bonnes raisons». «Et Jacques, quel sera son statut?», s'inquiète Julie, pour ce fils étudiant en Angleterre, né outre-Manche d'un premier mariage avec un Anglais, baptisé d'un prénom à l'orthographe française voulue par cette francophile.

Comment résoudre ce casse-tête? «Lyton et Florence n'ont jamais passé plus de dix jours au Royaume-Uni où ils n'ont pas d'ancrage. Ils sont bilingues, multiculturels et européens», enrage leur père. «L'Europe incitait ses ressortissants à franchir ses frontières pour exercer leur liberté de circuler et d'entreprendre. C'est pour ça que nous sommes ici. Avec le Brexit, que reste-t-il de nos libertés, de nos droits?», se désole-t-il. Florence enchaîne timidement, dans un français parfait: «J'ai des origines britanniques mais je me sens française, et j'ai peur de ne plus savoir où est mon pays». Lyton, lui, n'a pas le moindre doute: «Je suis né en Angleterre mais mon pays, c'est la France! C'est très inquiétant de voir que l'Angleterre, un pays que je ne connais pas vraiment, est en train de voler mes droits», soupire-t-il.

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Les commentaires les plus populaires

  • Un Européen le 28.05.2019 12:13 Report dénoncer ce commentaire

    Rien de neuf: la question est posée depuis trois ans. Et personne ne parle de les expulser. Il y a bien des américains qui vivent et travaillent en France et ailleurs, sans se plaindre de n'avoir aucun droit, alors pourquoi pas des britanniques? Si la mère choisit de ne pas prendre la nationalité française alors qu'elle en a encore la possibilité, c'est son choix: qu'elle ne vienne pas se plaindre, plus tard, de ne pas bénéficier des mêmes droits que les citoyens du cru, alors que toutes les portes lui étaient ouvertes ici en dépit de l'attitude de SON pays.

  • Opinion le 28.05.2019 11:36 Report dénoncer ce commentaire

    A leur place je prendrais la nationalité française sans hésitations. Aimez son pays d'accueil au point de prendre la nationalité ne signifie pas renier sa terre d'origine. D'autant plus que si je paye déjà mes impôts dans un pays je veux y avoir le droit de vote.

  • frite2000 le 28.05.2019 11:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C est vrai que c est perturbant par rapport aux migrants qui traversent des mers aux periples de leur vie pour une vie meilleure.. respirez ouvrer vous et rigoler !!!!

Les derniers commentaires

  • Un Européen le 28.05.2019 12:13 Report dénoncer ce commentaire

    Rien de neuf: la question est posée depuis trois ans. Et personne ne parle de les expulser. Il y a bien des américains qui vivent et travaillent en France et ailleurs, sans se plaindre de n'avoir aucun droit, alors pourquoi pas des britanniques? Si la mère choisit de ne pas prendre la nationalité française alors qu'elle en a encore la possibilité, c'est son choix: qu'elle ne vienne pas se plaindre, plus tard, de ne pas bénéficier des mêmes droits que les citoyens du cru, alors que toutes les portes lui étaient ouvertes ici en dépit de l'attitude de SON pays.

  • Opinion le 28.05.2019 11:36 Report dénoncer ce commentaire

    A leur place je prendrais la nationalité française sans hésitations. Aimez son pays d'accueil au point de prendre la nationalité ne signifie pas renier sa terre d'origine. D'autant plus que si je paye déjà mes impôts dans un pays je veux y avoir le droit de vote.

  • frite2000 le 28.05.2019 11:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C est vrai que c est perturbant par rapport aux migrants qui traversent des mers aux periples de leur vie pour une vie meilleure.. respirez ouvrer vous et rigoler !!!!

  • Simon le 28.05.2019 10:05 Report dénoncer ce commentaire

    C'est triste.