Attentats de Paris

17 septembre 2019 15:04; Act: 17.09.2019 16:18 Print

Le «charisme» d'Abdeslam a séduit Maëva, 20 ans

Depuis sa cellule, le seul survivant du commando terroriste du 13 novembre échange des lettres avec des admiratrices. L'une d'entre elles a demandé à le rencontrer.

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Salah Abdeslam, ici en avril 2016 en prison en Belgique. (photo: Document Het Nieuwsblad)

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Incarcéré depuis trois ans et demi dans la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), Salah Abdeslam a passé le cap des 30 ans dimanche. Le seul terroriste rescapé des attentats du 13 novembre 2015 à Paris est soumis à des conditions carcérales très dures: placé à l'isolement quasi total, il est surveillé par des caméras 24 heures sur 24. À tel point qu'il y a deux ans, l'administration, qui craignait pour la santé mentale du détenu, a quelque peu assoupli ses règles de détention. Depuis, le plexiglas qui cachait la lumière du jour a été retiré et ses rencontres au parloir sont facilitées.

Dans sa cellule, le terroriste consacre une partie de son temps à correspondre avec des admiratrices. Selon Le Parisien, au moins quatre femmes écrivent régulièrement au trentenaire. La correspondante la plus régulière est une jeune Française de 20 ans, prénommée Maëva. «Proche de la mouvance islamiste radicale», cette demoiselle parle théologie depuis deux ans avec Abdeslam. Très appliqué, le jihadiste lui répond à chaque fois, mais se demande s'il ne commet pas un «péché». Certains disent que la foi peut être dénuée d'acte mais c'est faux (…) Ce qui est sûr, c'est que le musulman ne peut pas rester en enfer éternellement», a notamment écrit le Belge.

«Lui apporter un soutien moral»

En décembre 2018, Maëva a fait une demande pour pouvoir rencontrer «Salah» en personne. La jeune femme voulait «lui apporter un soutien moral et entretenir les liens qui nous unissent dans cette épreuve». Le juge a refusé cette requête, pourtant appuyée par le détenu et ses parents. «Ces courriers témoignent du charisme gagné par Salah Abdeslam auprès d'une communauté islamiste radicale féminine. Ces femmes le placent tantôt comme une victime du système judiciaire, tantôt comme un homme pieux dépassé par les événements», analysent les policiers de la DGSI dans un rapport.

Le 7 juin dernier, lors de sa dernière audition, Abdeslam s'est à nouveau muré dans le silence. Sur le fond des attentats, le jihadiste ne s'est jamais exprimé, si ce n'est pour contester la découverte de son ADN sur une ceinture explosive. L'instruction doit se terminer à la mi-octobre. Le procès du terroriste s'annonce d'ores et déjà hors-norme.

(L'essentiel/joc)