«Guide Michelin»

27 novembre 2019 13:04; Act: 27.11.2019 14:01 Print

Le chef Marc Veyrat exige des explications

Le célèbre cuisinier au chapeau noir veut connaître les motifs qui lui ont valu de se faire retirer l'une de ses trois étoiles par le guide gastronomique.

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Après le déclassement de son établissement, Marc Veyrat s'était dit en «dépression». (photo: AFP)

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Le «Guide Michelin», bible française de la gastronomie, avait retiré au chef Marc Veyrat une de ses trois étoiles: le cuisinier réclame devant la justice, mercredi, «la trace des débats» expliquant ce déclassement. Fait rarissime, si ce n'est unique, le célèbre cuisinier au chapeau noir exige notamment devant le tribunal de grande instance de Nanterre, près de Paris, des éclaircissements sur les méthodes d'évaluation et la formation des inspecteurs du guide qui ont présidé à la rétrogradation de son restaurant La Maison des Bois, à Manigod, dans les Alpes françaises.

«Ce qui est en jeu, c'est l'application par le guide de son propre critère» de classement, a indiqué Emmanuel Ravanas, son avocat, avant l'audience. «On nous dit qu'il y a des règles», notamment «que, pour l'attribution des plus hautes distinctions, il doit y avoir des débats au niveau européen» au sein des instances du guide. «Alors, nous disons: montrez-nous la trace de ces débats... Mais on se heurte à un débat avec le vide», a regretté le conseil.

Le «Michelin» réclame 30 000 euros de dommages et intérêts

Absent de l'audience de référé (procédure d'urgence) devant le tribunal de Nanterre, mercredi, Marc Veyrat réclame par ailleurs de ne plus être référencé dans les éditions ultérieures du Michelin, ce que le guide refuse. Et demande à être indemnisé d'un euro symbolique pour le préjudice subi.

Après le déclassement de son établissement, le cuisinier s'était en effet dit en «dépression». «La justice a autre chose à faire que de soigner l'ego démesuré de M. Veyrat, qui s'intéresse aux conditions d'attribution des étoiles quand il les perd et bizarrement jamais quand il les gagne», a estimé avant l'audience, Richard Malka, l'avocat du guide gastronomique.

«M. Veyrat serait-il mauvais perdant?», s'est encore interrogé le conseil, indiquant défendre pour sa part «la liberté de critique d'un homme public, surtout quand il propose des repas à 500 euros». Estimant se trouver face à une procédure abusive, le Guide Michelin réclame au chef cuisinier 30 000 euros de dommages et intérêts.

(L'essentiel/afp)