En France

18 octobre 2021 17:08; Act: 18.10.2021 17:52 Print

Le concours Miss France attaqué pour «sexisme»

Les critères de recrutement des candidates à l'élection de Miss France sont «discriminatoires», affirme une association féministe, qui a saisi la justice.

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Les requérantes demandent aux prud'hommes de condamner les organisateurs du concours à supprimer de leur règlement ces clauses discriminatoires. (photo: AFP)

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Elles doivent mesurer au moins 1,70 m, être célibataires et «représentatives de la beauté»: les critères de recrutement des candidates à l'élection de Miss France sont «discriminatoires», affirme une association féministe, qui a annoncé lundi avoir saisi la justice prud'homale, estimant que ce concours «sexiste» violait le droit du travail. L'association «Osez le féminisme», ainsi que trois femmes qui affirment avoir dû renoncer à se présenter au concours car elles ne satisfaisaient pas aux critères exigés par les organisateurs, ont décidé «d'attaquer en justice» la célèbre émission, diffusée chaque année en décembre par TF1.

La procédure, intentée devant le conseil des prud'hommes de Bobigny, vise les sociétés Miss France et Endemol Production, a précisé l'association dans un communiqué. Endemol «utilise des femmes pour fabriquer un programme audiovisuel extrêmement lucratif tout en bafouant le droit du travail», estiment les requérantes.

Des clauses discriminatoires

Les candidates à la couronne de beauté ne signent certes aucun contrat de travail avec les organisateurs du concours. Mais leur relation avec Endemol doit bien s'analyser comme celle liant un salarié à son employeur, affirme l'association, qui s'appuie sur une jurisprudence de 2013, concernant le concours «Mister France». Or, le Code du travail interdit, dans un recrutement, tout critère lié «aux mœurs, à l'âge, à la situation de famille ou à l'apparence physique», a expliqué Me Violaine De Filippis-Abate, l'avocate d'«Osez le féminisme».

En conséquence, les requérantes demandent aux prud'hommes de condamner les organisateurs du concours à supprimer de leur règlement ces clauses discriminatoires, comme celles interdisant de fumer en public, ou de porter des tatouages visibles ou des piercings. Interrogée par l'AFP, la société Miss France a refusé de réagir «dans l'immédiat» à cette procédure.

(L'essentiel/afp)