Choc en France

24 septembre 2021 18:45; Act: 24.09.2021 19:15 Print

Le corps d'une louve pendu devant une mairie

Une enquête pour destruction d’une espèce protégée a été ouverte dans les Hautes-Alpes, en France, après la découverte d’une mise en scène macabre d’un loup.

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Le loup est une espèce protégée en France comme en Suisse. (photo: DR)

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Le corps d’une louve, tuée par balle, a été retrouvé tôt vendredi pendu devant la mairie du village français de Saint-Bonnet-en-Champsaur (Hautes-Alpes), a indiqué le procureur de Gap, Florent Crouhy. L’acte a été aussitôt qualifié «d’inadmissible» par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. Il a également provoqué la colère des associations de défense des animaux.

Le corps de l’animal, pendu à une cordelette, était accompagné d’une banderole proclamant «Réveillez-vous, il est déjà trop tard», a indiqué le procureur, confirmant une information de médias régionaux. «Du sang suintait de dessous l’animal, ce qui indique qu’elle venait d’être tuée assez récemment. Elle a été tuée par balles, mais on ne sait pas encore dans quelles circonstances et avec quel calibre. Il y a aura une autopsie prochainement», a-t-il dit.

«C’est la première fois»

L’enquête pour destruction d’une espèce protégée a été ouverte par le parquet et a été confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie de Gap avec l’office français de la biodiversité. «Le fait de non seulement braconner une espèce protégée, mais de la mettre dans une telle mise en scène, c’est la première fois», a-t-il relevé. Des atteintes au loup se sont déjà produites dans le passé mais elles gardent un caractère «heureusement exceptionnel», a noté le procureur. Pour autant, «le sujet du loup est omniprésent dans le département des Hautes-Alpes», territoire de pastoralisme, a-t-il souligné.

Il s’agit d’un acte «absolument inadmissible», s’est pour sa part indignée la ministre Pompili sur Twitter. «Aucun acte d’intimidation ne permettra de trouver des solutions durables à la cohabitation de l’humain et du loup. L’immense majorité des acteurs travaille dans ce sens», a-t-elle ajouté. L’association de défense des grands prédateurs Ferus a jugé dans un communiqué qu’il s’agissait de «l’aboutissement normal de l’impunité accordée aux exactions et violences perpétrées depuis tant d’années par les anti-loups et anti-ours. Les pouvoirs publics sont autant responsables que ceux qui ont tué et pendu cette louve», a-t-elle estimé.

Une autre association, One Voice, déplore que «dans les Hautes-Alpes, les loups gris (soient) accueillis depuis leur retour sur le sol national comme des parias à éliminer par une frange de la population. Certains groupes armés de braconniers, même, n’hésitent pas à les massacrer purement et simplement». Les deux associations ont annoncé qu’elles allaient porter plainte.

(L'essentiel/afp)