12 morts

07 janvier 2015 18:48; Act: 08.01.2015 09:33 Print

Le film d'une attaque meurtrière

Massacre à la kalachnikov en pleine conférence de rédaction d'un journal, assassinat de deux policiers, braquage de voiture: la France a connu mercredi une de ses plus sanglantes attaques.

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Vers 11h20, deux hommes vêtus de noir, encagoulés et armés chacun d'une kalachnikov se présentent au numéro 6 de la rue Nicolas-Appert, dans le onzième arrondissement (est), où se trouvent les archives de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, leur cible. Ils hurlent «C'est ici Charlie Hebdo?». Voyant qu'ils sont à la mauvaise adresse, ils se dirigent alors au numéro 10 de la rue, où se trouve le siège du journal. Une fois dans l'immeuble, ils font feu sur le chargé de l'accueil et se rendent au deuxième étage, où se trouve la rédaction de Charlie Hebdo.

«Les deux hommes ouvrent alors le feu et achèvent froidement les personnes rassemblées pour la conférence de rédaction ainsi que le policier chargé de la protection du dessinateur Charb, qui n'a pas le temps de riposter», explique une source policière. Charb, directeur de la rédaction, était protégé depuis la publication de caricatures de Mahomet en 2011. La rédaction de Charlie Hebdo a été décimée. Quatre de ses caricaturistes vedettes, Charb, Cabu, Tignous et Wolinski, très connus en France, sont morts, ainsi que l'économiste Bernard Maris, également chroniqueur sur la radio France Inter. Une seule personne, qui a réussi à se cacher sous une table, en réchappe. Elle entend les deux hommes crier «nous avons vengé le prophète» et «Allah Akbar», selon cette source.

Vers 11h30, un appel police-secours fait état de tirs au siège de Charlie Hebdo. Des policiers sont dépêchés immédiatement sur les lieux. Les deux agresseurs prennent la fuite en criant de nouveau «Allah Akbar» et se retrouvent nez à nez avec une patrouille de la brigade anticriminalité locale. Un échange nourri de coups de feu s'ensuit. Ils parviennent à prendre la fuite à bord d'une voiture Citroën C3 noire et font alors face à un véhicule de police sérigraphié. Ils tirent une dizaine de coups de feu sur le pare-brise de cette voiture sans blesser les policiers qui se trouvent à l'intérieur. Des policiers font feu sur les assaillants, qui ripostent.

«On a vengé le prophète Mahomet! On a tué Charlie Hebdo

Boulevard Richard-Lenoir, un policier en uniforme d'une quarantaine d'années, est touché et se trouve à terre, selon une vidéo diffusée sur Internet. Les deux hommes sortent alors de leur voiture et s'approchent à petites foulées du policier à terre. L'un des assaillants lui crie «tu voulais me tuer!». Le policier lève la main «non c'est bon chef», avant d'être tué d'une balle en pleine tête, selon une vidéo diffusée sur Internet et authentifiée par les enquêteurs. Les deux assaillants repartent vers leur voiture sans s'arrêter. «On a vengé le prophète Mahomet! On a tué Charlie Hebdo!», crient-ils avant de repartir, selon une autre vidéo.

Un peu plus loin, les deux hommes percutent une automobiliste, qui est légèrement blessée. Ils abandonnent leur voiture près du parc des Buttes Chaumont, dans le nord-est de Paris. Les deux assaillants braquent ensuite un automobiliste et s'enfuient vers le nord de la capitale à bord de sa voiture. Les forces de l'ordre perdent alors leur trace. Pendant leur attaque et leur fuite, ils ont tué douze personnes (dont au moins cinq membres de la rédaction de Charlie Hebdo) et fait huit blessés. Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué que «trois criminels», impliqués dans l'attaque, étaient recherchés activement, sans préciser le rôle du troisième. Tout est mis en œuvre pour «neutraliser le plus rapidement possible les trois criminels», a déclaré le ministre.

(L'essentiel/AFP)