France

05 décembre 2021 21:13; Act: 06.12.2021 09:24 Print

Le meeting de Zemmour marqué par des violences

Journalistes brièvement mis à l'abri, violences contre des militants, le premier meeting de la campagne présidentielle d'Éric Zemmour a été émaillé d'une série d'incidents.

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Après une série d'interventions de soutiens à la tribune, Éric Zemmour est arrivé dans la salle vers 17h30. (photo: AFP/Stefano Rellandini)

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Avant les premiers discours, au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), le ton monte brutalement contre une équipe de l'émission Quotidien, connue pour son traitement sarcastique de la politique.

Alors qu'ils interrogent des participants, des journalistes sont pris à partie par un petit groupe de jeunes supporters du candidat d'extrême droite, puis hués par une foule de plus en plus importante au cri de «Tout le monde déteste Quotidien».

«Bande de vendus», pouvait-on aussi entendre dans les travées. La sécurité doit intervenir précipitamment pour les mettre brièvement à l'abri. «La sécurité a surréagi. Ils sont revenus. Il n'y a eu aucune violence», assure l'équipe de communication du candidat.

Après une série d'interventions de soutiens à la tribune, Éric Zemmour arrive dans la salle vers 17h30. Au milieu d'une foule en liesse, un individu se jette à son cou - un opposant? Il est aussitôt exfiltré.

Puis c'est au début du discours que des violences éclatent. Une dizaine de militants de SOS Racisme, dissimulés dans le public, dévoilent des vêtements pour dire «non au racisme».

Dans la vidéo diffusée par l'association, on les voit aussitôt recevoir des coups et être visés par des chaises. Plusieurs courses-poursuites ont lieu à l'arrière de la salle pour les exfiltrer, dans une grande confusion.

Certains participants du meeting se dissimulent le visage, visiblement décidés à en découdre. La situation revient au calme au bout d'une dizaine de minutes. Un membre de la sécurité évoque «quelques militants antifas» exfiltrés, leur reprochant d'avoir voulu semer le trouble.

Militants agressés

«On voulait faire une action non violente, j'insiste non violente. Les gens se sont levés pour nous "frapper" , assure Aline Kremer de SOS Racisme. Selon un journaliste de l'AFP, au moins deux personnes saignent.

«Cela fera l'objet de plaintes de la part de militants agressés pour déterminer qui sont les agresseurs et qu'ils répondent de leurs actes», prévient le président de SOS Racisme Dominique Sopo.

Ces personnes «n'avaient pas à être là, il ne faut pas venir faire de provocation dans notre salle», réagit de son côté Antoine Diers, un membre de l'équipe de campagne d'Éric Zemmour.

En début d'après-midi, quelque 2 000 manifestants avaient défilé dans les rues de Paris pour «faire taire» Éric Zemmour. Des militants hostiles au candidat d'extrême droite s'étaient aussi regroupés à Villepinte, où 46 personnes, qui se trouvaient dans une zone interdite aux manifestations ont été interpellées, selon la préfecture de police.

En dépit de ces incidents, le meeting peut se tenir selon son déroulé prévu: il est rythmé par plusieurs Marseillaise ou le slogan «on est chez nous», régulièrement présent chez sa concurrente d'extrême droite Marine Le Pen (RN). Le nom du nouveau parti d'Éric Zemmour s'affiche en grand: «Reconquête!»

Sur les sièges, un tract présente le candidat, qui va «mettre fin à l'invasion migratoire» et «dénonce l'effondrement de l'Éducation nationale».

«Je me suis fait cracher dessus»

Dans la salle, Martine, comptable de 70 ans, est une ancienne «filloniste». Elle est devenue «fan» d'Éric Zemmour «quand il était sur (la chaîne) Cnews». «Je suis d'accord avec lui, la France part en couilles», dit celle qui vient de voter Éric Ciotti au congrès LR, mais s'apprête à quitter pour la première fois les rives de la droite traditionnelle.

Dans les travées, beaucoup comme l'ex-RN Antoine louent «l'union des droites» que permet selon eux leur candidat.

Au milieu d'une nuée de drapeaux français, plusieurs participants arborent le drapeau de leurs régions. «Proche du mouvement traditionnaliste et royaliste», un jeune souligne son attachement à la Picardie et espère que son candidat en fera davantage pour le régionalisme.

Sa compagne, Loménie, croit en Éric Zemmour pour lutter contre «l'insécurité que subissent les femmes». «Je me suis fait cracher dessus il y a quelques mois par des personnes qui étaient pour la plupart issues de l'immigration», dénonce-t-elle, avant d'applaudir son champion.

(L'essentiel/AFP)