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11 mai 2019 16:03; Act: 11.05.2019 16:25 Print

Le mouvement des «gilets jaunes» s’essouffle

L'acte 26 du mouvement des «gilets jaunes» a peiné à mobiliser ce samedi. Mais la situation est tendue entre manifestants et forces de l'ordre à Nantes et à Lyon.

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Malgré la faible mobilisation, les manifestants ne voulaient pas croire à un déclin.

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Après bientôt six mois de mobilisation, le mouvement des «gilets jaunes» semble s'essouffler avec un acte 26 qui peine à mobiliser, même à Lyon ou Nantes censés être les épicentres nationaux du jour. À Lyon, quelque 2 500 personnes dont Jérôme Rodrigues ont commencé à défiler dans le calme et sous une averse de grêle en début d'après-midi, selon un journaliste de l'AFP. Mais la manifestation s'est tendue en milieu d'après-midi, avec des jets de projectiles sur les forces de l'ordre qui ont riposté par de nombreux tirs de gaz lacrymogènes, a constaté un journaliste de l'AFP. La gendarmerie mobile et les CRS encadraient de très près la tête du cortège et étaient l'objet de jets de bouteilles, pierres ou pétards.

À Nantes, c'est Maxime Nicolle dit «Fly Rider» qui avait fait le déplacement. Ils étaient là aussi entre 2 et 3 000, sous escorte de la gendarmerie mobile et d'un hélicoptère, constatait une journaliste de l'AFP. Rapidement, la situation s'est tendue. Vers 15h, une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) a été la cible de jets de projectiles par des manifestants, conduisant à une intervention des forces de l'ordre et des tirs de LBD. Et selon un photographe de l'AFP, un manifestant a été évacué par des «street medics».

« On continuera jusqu'à ce qu'il nous entende, quitte à lui foutre en l'air son quinquennat»

Le préfet de Loire-Atlantique avait dit redouter «le rassemblement de 500 membres de l'ultragauche» d'où la mobilisation «d'un niveau de forces de l'ordre inédit». À Paris ou Toulouse, ils étaient plusieurs centaines chantant «On est là, on est là». Il y a une semaine, le ministère de l'Intérieur avait recensé moins de 19 000 manifestants dans l'Hexagone - contre plus de 40 000 pour les organisateurs - soit la plus faible participation depuis le 17 novembre. Des chiffres bien inférieurs à ceux du 1er mai ou de la mobilisation des fonctionnaires jeudi.

Malgré la faible mobilisation, les manifestants ne voulaient pas croire à un déclin. «Ça va, ça vient, ça dépend des jours», assure Laurence, 57 ans, comptable à Paris. «Il y a eu un bel éveil des consciences. Il y a de plus en plus de gens qui nous rejoignent et qui comprennent que le "gilet jaune" c'est pas une idéologie politique ou terroriste et que en-dessous il y a des citoyens et que les revendications qu'on apporte sont des revendications citoyennes», veut croire Jérôme Rodrigues, en tournée de remerciements en province pour les soutiens reçus après sa blessure. Et il promet que si Emmanuel Macron «ne veut pas nous écouter, on continuera jusqu'à ce qu'il nous entende, quitte à lui foutre en l'air son quinquennat».

Delphine Dauchy, 51 ans, tient un salon de coiffure dans le Gard et a également fait le déplacement dans la capitale des Gaules. «Macron nous envoie des miettes et il croit qu'on va se contenter de ça mais on veut pas s'arrêter». «On veut surtout du pouvoir d'achat et le RIC déclenchable sur tous les sujets», réclame-t-elle.

(L'essentiel/afp)