Incendie d'une usine à Rouen

23 octobre 2019 07:09; Act: 23.10.2019 09:40 Print

Le patron rassure: «Aucun impact sur la santé»

Le patron américain de Lubrizol a été entendu mardi, par les élus français. Selon lui, il n'y a aucun danger pour la santé, après l'incendie de Rouen.

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Près d'un mois après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen, le PDG du groupe américain, Eric Schnur, a assuré que les produits consumés ne présentaient «aucune menace sur la santé». Il s'est engagé à mener à bien les indemnisations. Eric Schnur a été entendu mardi matin pendant près de deux heures par la mission d'information de l'Assemblée nationale, puis dans l'après-midi par la commission d'enquête du Sénat. Toutes deux sont consacrées à l'incendie survenu le 26 septembre, dans l'usine Lubrizol de Rouen.

Le patron s'est voulu rassurant sur les effets sur la santé de l'incendie, affirmant aux sénateurs que les produits qui ont brûlé ne présentaient «aucun autre risque impact sur la santé que l'irritation causée par la fumée». «Mais nous comprenons que des préoccupations persistent», a-t-il convenu devant les députés.

Aide aux commerces

Longuement interrogé sur les mesures d'indemnisations à la suite des retombées de l'incendie, Eric Schnur s'est engagé à «un soutien à court terme et à moyen terme» pour les agriculteurs touchés. Et d'évoquer un «accord initial» concernant les agriculteurs, sans cependant livrer de chiffres.

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, avait évoqué un préjudice estimé «entre 40 et 50 millions» d'euros pour les agriculteurs. Eric Schnur a aussi évoqué des aides pour les commerces qui ont été pénalisés par l'incendie et pour le soutien de l'activité touristique de Rouen et de la Normandie. «J'ai engagé des millions d'euros et je le ferai encore plus si c'est nécessaire, nous voulons travailler avec les autorités locales», a affirmé le PDG.

Ses déclarations ont toutefois eu un peu de mal à convaincre totalement ses interlocuteurs, notamment au Sénat. Le président de la commission d'enquête sénatoriale, le centriste Hervé Maurey, a relevé les «bonnes intentions» de Eric Schnur. Mais il a regretté que celui-ci n'ait pas été «aujourd'hui en mesure d'apporter tous les éléments de réponse» sur les indemnisations. Hervé Maurey a aussi exprimé «quelques doutes sur la réalité des informations relatives à la non-dangerosité des fûts» qui ont brûlé.

Entrepôts pas reconstruits

Le PDG de Lubrizol a par ailleurs de nouveau affirmé que l'incendie s'était déclaré en dehors de l'usine. «Toutes les informations dont nous disposons indiquent que l'incendie s'est déclenché à l'extérieur de nos installations, mais nous attendons d'en connaître exactement la source et la cause», a-t-il dit à l'Assemblée nationale. Eric Schnur a d'autre part annoncé que le groupe n'allait «pas remplacer les entrepôts qui ont été détruits» lors de l'incendie du 26 septembre. Il s'est aussi engagé à «nettoyer ce site» afin de «rassurer la population».

Sur place, le traitement de fûts endommagés contenant potentiellement un produit dangereux sur le site de Rouen commencera «en principe» mercredi et non mardi comme initialement attendu, a annoncé mardi le préfet de Normandie. La commission sénatoriale a prévu de se rendre jeudi, à Rouen, pour visiter le site de Lubrizol et rencontrer les parties prenantes.

De son côté, l'Assemblée nationale doit entendre mercredi une série de responsables locaux, dont le directeur régional de l'Environnement, la directrice de l'Agence régionale de santé, le directeur des services départementaux d'incendie et des élus dont le maire de Rouen, Yvon Robert. Quelque 5 253 tonnes de produits chimiques ont brûlé dans l'usine Lubrizol, ainsi que 4 250 tonnes de produits dans des entrepôts de l'entreprise voisine Normandie Logistique, également touchée (dont 1 691 tonnes venant aussi de Lubrizol).

(L'essentiel/afp)