Attaque de Paris

29 septembre 2020 13:42; Act: 29.09.2020 14:28 Print

Le père du terroriste «très fier» de son fils

Trois jours après l'attaque au hachoir à Paris, les enquêteurs tentaient lundi de faire la lumière sur la véritable identité de l'assaillant présumé. Son père au Pakistan a salué son action...

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L'assaillant aurait en fait 25 ans. (photo: AFP/Laura Cambaud)

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Depuis son interpellation, l'assaillant présumé, qui a reconnu avoir blessé gravement vendredi deux salariés de l'agence de presse Premières Lignes en pensant s'en prendre à des journalistes de Charlie Hebdo, se présente comme Hassan A., âgé de 18 ans.

Cette identité correspond à celle d'un jeune homme entré en France encore mineur, il y a trois ans. Pris en charge par l'aide sociale à l'enfance dans le Val-d'Oise jusqu'à sa majorité en août dernier, il ne présentait «aucun signe de radicalisation», selon le conseil départemental.

Il n'était pas connu non plus des services spécialisés, n'étant ni fiché, ni inscrit au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) sous ce nom.

C'est en analysant son téléphone portable que les policiers de la brigade criminelle et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), chargés de l'enquête sous l'autorité du parquet national antiterroriste (Pnat), ont mis la main sur une photo d'une pièce d'identité.

Selon ce document, Hassan A. s'appellerait en réalité «Zaheer Hassan Mahmoud» et serait âgé de 25 ans, ont indiqué à l'AFP des sources proches du dossier, confirmant une information du Monde.

À ce stade de l'enquête, ce patronyme n'apparaît pas non plus dans les fichiers de police ou de renseignement, a précisé l'une de ces sources.

«Le village tout entier est venu me féliciter»

C'est sous cette identité que s'est présenté cet homme dans une vidéo enregistrée avant l'attaque et authentifiée par les enquêteurs, selon une source proche du dossier. Dans ce document de deux minutes, qui a circulé pendant le week-end sur les réseaux sociaux, l'assaillant, en habit traditionnel, dénonce, entre chants psalmodiés et pleurs, «les caricatures du prophète Mohammed qui ont été faites».

Il dit venir de Kothli Kazi, un village du district agricole de Mandi du Pendjab au Pakistan.

«Aujourd'hui, vendredi 25 septembre, je vais nous défendre contre ça», ajoute-t-il, sans donner plus de détails et sans faire allégeance à une quelconque organisation. Il revendique en revanche avoir pour «guide» le mollah Ilyas Qadri, chef de file de Dawat-e-Islami, un groupe religieux apolitique et non-violent d'inspiration soufie basé au Pakistan.

Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d'offense à l'islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. Il est passible de la peine de mort, même si aucun condamné n'a jusqu'à présent été légalement exécuté.

Contacté par téléphone par l'AFP, Arshad Mahmoud, qui se présente comme son père, s'est dit «très heureux» et «très fier» des actes de son fils, qui a «protégé l'honneur du Prophète». «Le village tout entier est venu me féliciter», a-t-il assuré.

(L'essentiel/afp)