En France

20 octobre 2020 12:31; Act: 20.10.2020 12:35 Print

Le professeur décapité recevra la Légion d’honneur

La Légion d’honneur sera décernée à titre posthume au professeur d’histoire Samuel Paty, assassiné vendredi soir, près de Paris, pour avoir montré des caricatures de Mahomet.

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Samuel Paty a été assassiné vendredi par un terroriste. (photo: AFP/Bertrand Guay)

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Samuel Paty, le professeur assassiné pour avoir montré des caricatures de Mahomet, recevra la Légion d’honneur à titre posthume, a annoncé mardi le ministre français de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ajoutant qu’une minute de silence et une «séquence éducative» auront lieu le 2 novembre dans tous les établissements «sans exception».

«La Légion d’honneur lui sera remise à titre posthume et il sera fait commandeur des palmes académiques, c’est emblématique car c’est l’ordre qui va avec les professeurs et le monde de l’éducation, et le martyr de Samuel Paty vaut bien cette reconnaissance de son institution», a annoncé le ministre de l’Éducation nationale interrogé sur BFMTV.

Le président Emmanuel Macron a choisi la cour de la Sorbonne, lieu symbolique de l’esprit des Lumières et de l’enseignement, comme lieu de l’hommage national qui sera rendu à Samuel Paty mercredi en fin d’après-midi. «La Sorbonne est l’incarnation de l’importance de ce qui se joue en ce moment même, c’est-à-dire le savoir, la transmission du savoir et des valeurs» et «la Sorbonne est emblématique de ce que Samuel Paty incarne aujourd’hui», a poursuivi Jean-Michel Blanquer.

«Le vrai moment commun de la Nation»

Interrogé sur la rentrée scolaire après les vacances de la Toussaint, le ministre a expliqué que «le vrai moment commun de la Nation» sera «le 2 novembre» et «les jours suivants». «Il faut que, dès le lundi de la rentrée, on voie que la force est du côté de la République et que c’est une force sereine et qui va contre les assassins», a lancé Jean-Michel Blanquer.

«La rentrée du 2 novembre, nous y travaillons, nous voulons marquer le coup, avec la minute de silence mais aussi avoir tout un travail pédagogique et nous voulons qu’il n’y ait aucun angle mort, c’est-à-dire que ce qui se passera se passera dans toutes les écoles, tous les collèges et tous les lycées de France, sans exception», a-t-il martelé. «Ce que nous devons faire pour la rentrée, c’est une véritable séquence éducative conçue de manière consensuelle, (…) en lien avec les organisations syndicales, unies autour des enjeux de la protection des professeurs», a-t-il ajouté.

«Soudés sur ces sujets»

Selon le ministre de l’Éducation, «l’ensemble qui se joue derrière cet assassinat, autrement dit la protection de la République, (…) doit être expliqué aux enfants, et pour cela on a besoin d’une unité du monde adulte». Jean-Michel Blanquer a ensuite souligné que les enfants et les adolescents «ont besoin de voir que les adultes sont soudés sur ces sujets, quand ils défendent l’essentiel, d’être le pays que nous sommes et cela se fera non seulement par les professeurs et en associant d’autres forces vives de notre pays, les avocats, les journalistes…».

«Les choses vont se préciser mais on est cet état d’esprit, nous sommes en train de le coconstruire avec les partenaires de l’Éducation nationale mais ce que j’ai noté c’est qu’ils demandent un cadrage net, clair et précis de ce qui se passera», a-t-il constaté.

(L'essentiel/afp)