Collision mortelle en France

17 juillet 2019 07:39; Act: 17.07.2019 09:50 Print

Le témoignage troublant d'une habituée des lieux

Une automobiliste traversant régulièrement le passage à niveau où une trentenaire et trois enfants ont perdu la vie, lundi, dit avoir constaté un dysfonctionnement.

Sur ce sujet
Une faute?

Le drame a bouleversé Avenay-Val-D'or, petite commune française située à 30 kilomètres de Reims (nord-est). Lundi, une assistante maternelle et trois enfants qu'elle transportait dans sa voiture sont morts lors d'une collision avec un TER. Le conducteur du train n'a que «tardivement» vu le véhicule «qui se trouvait sur la voie» et n'a pu s'arrêter à temps, malgré un freinage d'urgence, a indiqué le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette.

L'automobiliste de 37 ans et sa fille de 11 ans, ont perdu la vie. Une fillette de 3 ans et un nourrisson d'un an que la trentenaire gardait ont également été tués sur le coup. Toutes les victimes habitaient la même commune. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'alarme avait sonné et les barrières étaient baissées. L'une d'elles était par ailleurs enfoncée, ce qui peut laisser penser que l'automobiliste aurait forcé le passage.

La SNCF assure que le fonctionnement du passage à niveau n'est a priori pas en cause. Or, le témoignage d'une habituée des lieux recueilli par Le Parisien vient semer le doute.

«J'ai réussi à passer in extremis»

Corinne* traverse «plusieurs fois par jour» ce fameux passage à niveau. La conductrice affirme que, dimanche, elle a failli rester coincée sur les voies de chemin de fer. La Française était arrêtée derrière un autre véhicule après le passage d'un train. Les barrières, qui s'étaient baissées normalement, sont remontées et l'automobiliste devant elle est repartie, sans problème. Ce qui n'a pas été le cas de Corinne: «Quand je me suis engagée à mon tour sur les voies, la barrière devant moi est redescendue d'un seul coup! Je n'ai pas eu le temps de réfléchir, j'ai accéléré pour l'éviter et j'ai réussi à passer in extremis», raconte-t-elle.

Devant l'urgence de la situation, l'automobiliste n'a pas eu le temps de voir si la première barrière s'était elle aussi abaissée, et si un train était passé après cela. Elle ne se souvient pas non plus si l'alarme a retenti. «Je ne pense pas, mais tout est allé tellement vite», confie-t-elle, encore sous le choc. Corinne affirme avoir eu la même frayeur au même endroit l'année dernière. Elle n'avait alors pas signalé l'incident, mais compte bien se faire entendre cette fois: «Malheureusement, le drame a eu lieu avant que je ne puisse faire remonter le souci», déplore-t-elle.

«Elle n'était pas dépressive»

Durant toute la journée de lundi, les enquêteurs ont passé les lieux du drame au peigne fin. SNCF Réseau assure que le passage à niveau n'était pas considéré comme «sensible». Un expert a été mandaté pour vérifier le bon fonctionnement de la barrière, qui avait subi une révision «il y a quelques mois», selon le maire de la commune cité par Le Parisien. L'enquête s'annonce très longue.

Les proches de Marie-Hélène, l'automobiliste tuée lundi, excluent farouchement tout geste désespéré de sa part: «Elle adorait son travail, être avec les enfants, les siens comme ceux des autres. Elle n'était absolument pas dépressive, elle était très heureuse et tout allait bien dans sa vie», témoigne le beau-père de l'assistante maternelle.

*Prénom d'emprunt

(L'essentiel/joc)