En France

11 mai 2019 13:30; Act: 11.05.2019 14:07 Print

Les Balkany jugés pour fraude fiscale ce lundi

Les anciens édiles de la ville de Levallois-Perret, Patrick et Isabelle Balkany, sont soupçonnés d'avoir dissimulé plus de 13 millions d'euros d'avoirs au fisc français.

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Isabelle et Patrick Balkany.

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De somptueuses villas à Marrakech et dans les Caraïbes, des fonds «occultes» transitant par le Panama ou Singapour... Soupçonnés d'avoir dissimulé plus de 13 millions d'euros d'avoirs au fisc, les édiles de Levallois-Perret Patrick et Isabelle Balkany sont jugés à partir de lundi à Paris, notamment pour fraude fiscale et blanchiment. Le tonitruant maire LR de cette riche commune de l'ouest parisien et son épouse, première adjointe, doivent comparaître jusqu'au 20 juin devant la 32e chambre correctionnelle, spécialisée dans les affaires financières de haute volée.

Une incertitude plane toutefois sur le maintien du procès, car Isabelle Balkany a été hospitalisée le 1er mai après avoir absorbé des médicaments. Elle venait de dire sur Facebook sa lassitude devant une «instruction exclusivement à charge». Interrogé vendredi par l'AFP sur son état de santé, son avocat a opposé «le secret professionnel, le secret médical et le secret de la vie privée». Les juges d'instruction avaient débuté leur enquête en 2013 après des révélations de Didier Schuller, un ancien allié du couple. Ils accusent aujourd'hui les Balkany de «blanchiment à grande échelle» entre 2007 et 2014: d'avoir dissimulé au fisc des revenus et un patrimoine «occultes» à hauteur «au minimum» de 13 millions d'euros.

Peignoirs brodés «PB»

En particulier deux propriétés cachées derrière «des montages de plus en plus sophistiqués» entre Suisse, Liechtenstein, Singapour ou Panama, «dans le souci de ne pas apparaître comme les véritables propriétaires». La première, la villa Pamplemousse, acquise en 1997 par une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse, est sise à Saint-Martin, aux Antilles. Isabelle Balkany, 71 ans, a fini par reconnaître qu'elle en était propriétaire, expliquant l'avoir achetée avec l'argent d'un héritage familial. Son époux, 70 ans, en est officiellement bénéficiaire depuis 2004.

La seconde propriété, la villa Dar Gyucy de Marrakech, est entourée d'un montage beaucoup plus sophistiqué, détenue depuis 2010 par une SCI marocaine propriété d'une société panaméenne, Hayridge. Cette dernière est au nom de Jean-Pierre Aubry, l'homme de confiance de Patrick Balkany à Levallois. Les Balkany, qui y ont maintes fois séjourné, ont constamment nié en être propriétaires. Mais les juges sont formels: ils sont les «seuls bénéficiaires» du riad, où des peignoirs brodés aux initiales «PB» ont été retrouvés.

Surtout, les enquêteurs ont laborieusement remonté la trace de l'argent. Ils ont fini par établir que le prix de vente officiel de la villa, 2,75 millions d'euros, a été payé par l'homme d'affaires saoudien Mohamed Al Jaber au moment où celui-ci négociait un projet de tours jumelles à Levallois. Selon les juges, il s'agit d'argent de la corruption. Par ailleurs, 2,5 millions d'euros supplémentaires ont été réglés via le compte singapourien d'une autre société panaméenne. Cet argent provient selon les enquêteurs d'une commission versée à Patrick Balkany par un industriel belge, George Forrest, contre son aide pour un contrat en Afrique. Ce que réfute M. Balkany.

(L'essentiel/afp)