Prise d'otages en France

12 juin 2019 07:08; Act: 12.06.2019 09:29 Print

Les deux surveillants sont «sains et saufs»

Deux personnels pénitentiaires ont été pris en otage, mardi soir, à Condé-Sur-Sarthe (Orne) par le «champion de la prise d'otages carcérale», qui s'est rendu peu après minuit.

storybild

La prise d'otages a nécessité l'intervention des équipes du RAID. (photo: AFP/Jean-francois Monier)

Sur ce sujet
Une faute?

Le dénouement est intervenu peu après 0h30 et les deux surveillants sont «sains et saufs», a précisé la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). La prise d'otages avait commencé vers 19h40, nécessitant l'intervention des équipes du RAID et des ERIS (équipes régionales d'intervention et de sécurité) dans ce centre de détention qui abrite des détenus particulièrement dangereux, radicalisés ou posant des problèmes de discipline.

«Un premier surveillant avait été libéré vers 23h30» et «la seconde surveillante a été libérée au moment où le détenu s'est rendu», a précisé le ministère de la Justice, adressant «tout son soutien aux agents de l'administration pénitentiaire qui ont su faire preuve d'un grand professionnalisme». Le détenu, Francis Dorffer, libérable en 2060, coutumier de ce type de faits, avait pris en otage un surveillant et une stagiaire, mardi dans la soirée au moment du repas, armé «visiblement d'une arme artisanale, un pic», selon une source syndicale pénitentiaire.

Le «champion de la prise d'otages carcérale»

«Il s'agit d'un détenu de 35 ans qui a sollicité son transfert et qui a cru bon de prendre en otage deux surveillants qu'il a enfermés dans sa propre cellule», a expliqué François Coudert, le procureur de la République d'Alençon, présent sur les lieux. «Lors de sa reddition il s'est débarrassé d'armes que l'on peut qualifier d'artisanales, notamment une paire de ciseaux, une fourchette ou encore un autre objet en plastique qui peuvent être potentiellement dangereux pour les personnes prises en otage», a ajouté le procureur qui a précisé que le détenu a été aussitôt placé en garde à vue pour séquestration.

Selon plusieurs syndicats de surveillants, Francis Dorffer, né en 1984, est un «coutumier» des prises d'otages. Classé «DPS» (détenu particulièrement signalé), selon le ministère de la Justice, il est connu pour troubles psychiatriques mais «n'est pas incarcéré pour des faits de terrorisme». Incarcéré depuis ses 16 ans dans une vingtaine de prisons différentes, après des condamnations pour vols, viol et assassinat d'un codétenu, Francis Dorffer est aux yeux des personnels de l'administration pénitentiaire le «champion de la prise d'otages carcérale».

Un précédent nommé Michaël Chiolo

Son nom est associé à au moins cinq autres prises d'otages. En 2006, il avait retenu une psychiatre à la prison de Nancy, en 2009 un surveillant à Clairvaux (Aube), en 2010 un psychiatre à la Santé (Paris) et en 2011 un gardien à Poissy (Yvelines). De source pénitentiaire, Francis Dorffer est suivi «pour radicalisation mais au sens très large de la radicalisation. Il n'a absolument rien à voir avec Chiolo (NDLR: le preneur d'otages du 5 mars). C'est un profil psychiatrique très lourd».

Le 5 mars, Michaël Chiolo, qui purgeait une peine de 30 ans de réclusion à Condé-sur-Sarthe pour un crime de droit commun, avait poignardé deux surveillants avec un couteau en céramique. Ce détenu radicalisé de 27 ans s'était ensuite retranché avec sa compagne pendant près de dix heures dans une unité de vie familiale de la prison. Après des tentatives de négociations, les forces d'élite de la police avaient lancé l'assaut, blessant l'assaillant et tuant sa compagne Hanane Aboulhana.

(L'essentiel/afp)