Police attaquée en France

24 mai 2018 09:56; Act: 24.05.2018 11:30 Print

«Les malfrats n'ont pas eu peur de nous»

L'irruption d'un commando armé dans une cité de Marseille a semé le trouble en France. Un policier intervenu raconte le face-à-face avec les assaillants.

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Un commando armé de kalachnikovs qui tire en plein après-midi et met des policiers en joue: la scène s'est nouée lundi dans une cité de Marseille, dans le sud de la France, suscitant l'émoi dans le pays. Lundi, peu avant 17h, trois ou quatre voitures ont fait irruption dans une cité du nord de Marseille, la Busserine, déshéritée et gangrénée par le trafic de drogue. À leur bord, une dizaine d'assaillants encagoulés et habillés de noir, équipés d'armes de poing et d'armes longues de type kalachnikov.

Ils portaient des brassards de police

Les malfaiteurs tirent en l'air et frappent un témoin, un habitant de la cité, à coup de crosse. Vingt-quatre heures après, les enquêteurs cherchent également à confirmer le possible enlèvement d'un «guetteur», petite main du trafic de drogue, par ce commando, signalé par un témoin selon le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.

Dans leur fuite, les assaillants, dont l'une des voitures était équipée d'un gyrophare, et qui portaient, selon des témoignages, des brassards de police, n'hésitent pas à mettre en joue les forces de l'ordre qui se trouvent à proximité. Les policiers tirent à quatre reprises en direction de l'une des voitures des malfaiteurs, brisant la vitre avant, mais sans pouvoir les empêcher de prendre la fuite par l'autoroute.

«Si on s'était permis de les coincer il y aurait eu de gros dégâts»

Sur BFMTV, un policier raconte comment s'est déroulée l'intervention. «En général, quand ces individus font des règlements de comptes, ou vont dans une cité pour trouver un individu, ils ne restent pas très longtemps. Là, pour la première fois, ils sont restés très longtemps. Ils ont pris un gros risque… mais ils le savaient et n'ont pas eu peur de nous…», analyse-t-il.

Le conducteur du véhicule dans lequel il se trouvait a pris en quelques secondes la décision de ne pas faire barrage au commando: «Si on s'était permis de les coincer ou les bloquer il y aurait eu de gros dégâts. Il faut penser qu'on avait des civils autour, beaucoup de civils et surtout il y avait des enfants (…) Il y aurait eu des innocents qui seraient morts». Et l'agent de préciser que les véhicules de la police nationale ne sont pas adaptés pour poursuivre ce genre d'expéditions. Les malfrats ont d'ailleurs semé très rapidement la police qui s'était lancée à leurs trousses.

Au final, le policier confie le climat de peur qui habite ses collègues: «Bien sûr que j'ai eu peur. Je suis policier, c'est mon métier… mais je suis un être humain, un père de famille. Je me suis demandé si on allait revenir ce soir pour voir nos enfants».

(L'essentiel/cga/afp)