Expérimentation

13 août 2018 18:09; Act: 14.08.2018 09:48 Print

Les urinoirs écolos de Paris font rire... et pleurer

Les «uritrottoirs» installés de manière expérimentale dans la capitale française sont loin de faire l'unanimité.

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L'urinoir écolo de la gare de Lyon n'est pas du goût de tout le monde. (photo: AFP/Thomas Samson)

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Un petit rectangle rouge surplombant la Seine fait rire les touristes. En plein cœur de la capitale, Paris poursuit son expérimentation d'«uritrottoirs», des pissotières qui se veulent écologiques et sans odeur, mais font grincer des dents certains riverains.

«C'est plus facile d'aller aux toilettes, vous entendez l'eau. Il y a des gens qui ont parfois du mal», plaisante Jonathan, touriste new-yorkais. «Certains seront peut-être mal à l'aise», souligne tout de même le jeune homme qui travaille dans la publicité. «Je suis le premier à l'utiliser ? C'est très confortable», lance en s'esclaffant un autre homme sous les rires de ses proches.

Des problèmes d'emplacement

En contrebas, les bateaux-mouches naviguent, apercevant à peine le sommet du petit bac rouge d'environ un mètre de large, surplombé de petites plantes. Inventés par une petite entreprise de Nantes, les «uritrottoirs» sont avant tout des urinoirs «écologiques» pour leurs concepteurs. «L'urine est stockée avec de la matière sèche (NDLR: de la paille) qui peut ensuite être transformée en compost», explique à l'AFP Laurent Lebot, l'un des deux designers de l'entreprise Faltazi.

Alors que la ville de Paris avait déjà installé au printemps trois de ces urinoirs, (près de la place de Clichy, de la gare de Lyon, et dans un square du Ve arrondissement), des grondements ont accompagné l'arrivée du quatrième dans une rue calme de la touristique Île Saint-Louis. «Je trouve ça très bien, mais l'emplacement n'est pas le bon du tout», regrette Grégory, photographe de 43 ans qui habite le quartier depuis 3 ans, devant les micros de journalistes français et japonais.

«Ils auraient pu le mettre directement sur les quais», déplore-t-il. Mais les urinoirs doivent être accessibles par véhicule pour des raisons de vidange et pour changer la matière sèche toutes les 3 semaines.

La mairie de Paris et celle du IVe arrondissement rappellent que ces urinoirs sont installés à titre expérimental, et pour répondre à une «demande des riverains».

Reste la critique la plus fréquente : «et les femmes, comment elles font ?» «Pour des questions d'intimité il est indispensable d'offrir une cabine aux femmes. L'uritrottoir a pour intérêt de délester les sanisettes existantes (...) ainsi davantage réservées aux femmes», fait valoir l'entreprise.

(L'essentiel/afp)