Valérie Bacot

25 juin 2021 20:40; Act: 26.06.2021 19:23 Print

Libérée après avoir tué son mari qui la violait

Valérie Bacot a été condamnée vendredi à une peine symbolique de quatre ans de prison, dont trois avec sursis, pour l'assassinat de son mari proxénète.

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Valérie Bacot ressort libre du tribunal. (photo: AFP/Jeff Pachoud)

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Une sentence qui lui permet de ressortir libre du tribunal, la femme ayant déjà passé un an en détention provisoire.

Les membres de la cour d'assises sont ainsi allés plus loin dans la clémence que le ministère public qui avait déjà requis une peine modérée de cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, en qualifiant de «victime» celle qui a été violée, battue et prostituée pendant des années par son mari tyrannique.

Un tonnerre d’applaudissements a éclaté à la lecture du verdict, certains proches de l'accusée fondant en larmes. Lisant les motivations de la cour et du jury, la présidente Céline Therme a souligné qu'ils avaient retenu «la terreur» dans laquelle a vécue Mme Bacot et les «multiples traumatismes de son enfance».

«Je voudrais remercier la cour», a déclaré Mme Bacot à sa sortie du tribunal, d'une voix très faible. «C'est un nouveau combat maintenant pour toutes les autres femmes et toutes les maltraitances», a-t-elle ajouté, se disant non pas soulagée «mais vidée».

25 ans de viols et de violences

«Valérie Bacot ne pouvait pas prendre la vie de celui qui la terrorisait» mais il faut «fixer l'interdit sans réincarcérer», avait estimé dans ses réquisitions l'avocat général Éric Jallet, soulignant que ses quatre enfants avaient «besoin» de leur mère.

L'accusée a tué d'une balle dans la nuque, à l'âge de 35 ans, Daniel Polette, 61 ans, le 13 mars 2016, après près de 25 ans de viols et de violences, puis de prostitution contrainte. Elle encourait la perpétuité.

«Une société qui se fait justice soi-même, c'est la guerre des uns contre les autres», a estimé l'avocat général. Mais «Valérie Bacot est victime, très clairement», a-t-il reconnu. La défense avait estimé qu'une condamnation, aussi clémente soit-elle, serait encore trop pour Valérie Bacot.

«Comment la société pourrait demander réparation à Valérie Bacot alors qu'elle n'a pas su la protéger?», a demandé Nathalie Tomasini qui, avec Janine Bonaggiunta, défend Mme Bacot. Les deux avocates ont été les conseils de Jacqueline Sauvage, devenue le symbole des violences conjugales après avoir été condamnée pour avoir tué son mari, puis graciée en 2016.

(L'essentiel/afp)