France

16 juillet 2020 11:49; Act: 16.07.2020 12:49 Print

Livreur décédé à Paris: 3 policiers mis en examen

Un livreur avait succombé en janvier à Paris à une asphyxie «avec fracture du larynx». Trois policiers ont été mis en examen pour «homicide involontaire».

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Trois policiers ayant mené le contrôle routier qui s’est terminé par la mort du livreur Cédric Chouviat, en janvier à Paris, ont été mis en examen pour «homicide involontaire», a appris l’AFP jeudi de source judiciaire, confirmant une information de franceinfo. Une troisième membre de l’équipage, également convoquée par les juges d’instruction, a elle été placée vendredi sous le statut de témoin assisté.

Un troisième policier a été mis en examen ce jeudi pour «homicide involontaire», a annoncé son avocat Laurent-Franck Liénard. Deux autres membres de l'équipage ont déjà été mis en examen les 7 et 8 juillet pour «homicide involontaire», selon une source judiciaire.

Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, est mort le 5 janvier des suites d’un malaise cardiaque lors de son interpellation le 3 janvier, après un contrôle policier houleux près de la tour Eiffel, au cours duquel il a été plaqué au sol avec son casque sur la tête.

Il dit à sept reprises: «J’étouffe»

Transporté dans un état critique à l’hôpital, il est mort des suites d’une asphyxie «avec fracture du larynx», selon les premiers éléments de l’autopsie communiqués par le parquet de Paris, qui a rapidement ouvert une information judiciaire pour «homicide involontaire».

Selon des éléments d’une expertise du 21 avril dévoilés fin juin, Cédric Chouviat a dit à sept reprises «j’étouffe» lors de la vingtaine de secondes de son interpellation par les policiers. Les policiers ont contesté avoir entendu ces mots, via leurs avocats. La famille de Cédric Chouviat, dont la mort incarne le débat sur les violences policières, s’est dite jeudi «soulagée» de la mise en examen des deux policiers.

«Des coups volontaires»

«Cependant, la famille (…) considère que la qualification d’homicide involontaire n’est pas adaptée à la violence et à l’agressivité des fonctionnaires de police telle qu’elle ressort des vidéos de témoins et passants», ajoute-t-elle dans un communiqué.

«Ce sont des coups volontaires qui ont entraîné la mort de Cédric Chouviat», insiste la famille, qui «demeure néanmoins confiante s’agissant d’une évolution de la qualification en fonction des investigations et expertise à venir». Selon le code pénal, l’homicide involontaire consiste dans le fait de causer la mort d’autrui par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement.

(L'essentiel/afp)