Discours sur l'islam

27 octobre 2020 16:30; Act: 27.10.2020 16:50 Print

Macron caricaturé en «démon de Paris» en Iran

Depuis que le président français a défendu le droit de caricaturer Mahomet, une large partie du monde musulman réagit avec hostilité. Un journal iranien l’a représenté en diable en une.

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Les tensions entre la France et une bonne partie du monde musulman ne cessent de croître. Lors de l’hommage national rendu mercredi dernier, à l’enseignant décapité pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, Emmanuel Macron a défendu la liberté d’expression et le droit à la caricature. Des propos qui ont plongé une partie de la communauté musulmane dans une colère noire, manifestations et appels au boycott à la clé.

Signe que l’embrasement semble s’étendre, un journal iranien a publié mardi en une une caricature d’Emmanuel Macron. Le président y apparaît sous des traits diaboliques. «Le démon de Paris», a titré «Vatan Emrooz», média ultraconservateur à la solde du président Rohani et des ayatollahs. Selon le «Courrier International», le quotidien dénonce la «grossièreté» de Macron, qui a soutenu «à plusieurs reprises la publication de caricatures insultantes».

Mardi également, un autre journal iranien – «Javan» – titrait en une «Le Mal», avec une photo du président français tout sourire. Quant au média conservateur Kayhan, il appelait à l’expulsion d’Iran de l’ambassadeur de France, rapporte le Huffington Post. Ce serait «la moindre des choses à faire en réponse à l’insolence de Macron», estime le journal. Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé, mardi, dans un communiqué, avoir convoqué le numéro deux de l’ambassade de France en Iran «pour protester contre l’insistance des autorités françaises à soutenir la publication des caricatures insultant le Prophète».

Manifestations au Bangladesh

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté mardi, au Bangladesh, appelant au boycott des produits français et brûlant l’effigie du président français en l’accusant «d’adorer Satan». Dans les zones rebelles en Syrie, dans la bande de Gaza ou en Libye, des portraits de Macron ont été brûlés. Dans plusieurs pays du Golfe, des marchandises françaises ont été retirées des étals. L’islam, dans son interprétation stricte, interdit toute représentation du prophète Mahomet.

(L'essentiel/joc/afp)