France

29 janvier 2020 07:38; Act: 29.01.2020 09:52 Print

Matzneff «regrette» ses pratiques pédophiles

Dans une interview accordée à «BFMTV», l'écrivain français a indiqué regretter ses agissements pédophiles lors de ses voyages en Asie.

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L'écrivain français Gabriel Matzneff en 2014 à Paris. (photo: AFP/archive)

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L'écrivain Gabriel Matzneff, sous le coup d'une enquête pour viols sur mineur, affirme «regretter» ses pratiques pédophiles passées en Asie dans des propos accordés à BFMTV. «Un touriste, un étranger, ne doit pas se comporter comme ça. On doit, adulte, détourner la tête, résister à la tentation. Naturellement je regrette, de même que si je fais quelque chose qui n'est pas bien, je le regrette», dit-il dans cet entretien accordé en Italie, où il s'est réfugié depuis que l'affaire a éclaté.

«À l'époque», fait-il toutefois valoir, «on parlait de détournement de mineur, d'incitation du mineur à la débauche, d'atteinte à la pudeur... Mais jamais personne ne parlait de crime». Et d'ajouter: «C'était il y a plus de 40 ans! (...) Vous étiez là comme voyageur et vous aviez des garçons et des filles jeunes qui vous draguaient et vous sautaient dessus, sous l'œil bienveillant de la police».

«Je ne sais pas comment je tiens le coup»

Le parquet de Paris a ouvert début janvier une enquête préliminaire pour viols sur mineurs de moins de 15 ans, après la parution du livre de l'éditrice Vanessa Springora «Le Consentement», où elle décrit sa relation sous emprise avec l'écrivain dans les années 80, débutée quand elle avait 13 ans. L'attirance revendiquée de Gabriel Matzneff, aujourd'hui âgé de 83 ans, pour les «moins de 16 ans» et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie, qu'il a racontée dans des livres, a pendant longtemps été tolérée dans le monde littéraire parisien.

L'écrivain, qui a accepté d'être filmé par BFMTV mais sans montrer son visage, précise ne pas avoir «envie de lire» le livre de Vanessa Springora. «Je ne dirai jamais rien contre elle car c'est une personne lumineuse», ajoute-t-il. Il dénonce en revanche la décision du ministre de la Culture, Franck Riester, de demander la suspension de l'allocation annuelle publique qu'il perçoit depuis 2002.

«En quelques semaines, je me sens détruit socialement. (...) L'État enfonce le clou pour m'enfoncer la tête dans l'eau», lance-t-il. «Que je me tue, que je me tue, c'est ça le piège! C'est vraiment l'Union Soviétique! Allez, Matzneff, au goulag. Je ne sais pas comment je tiens le coup».

(L'essentiel/afp)