France

07 juillet 2020 10:30; Act: 07.07.2020 12:19 Print

«Non, on ne fait pas ça pour un ticket de bus!»

L’épouse du chauffeur de bus agressé dimanche soir, à Bayonne, livre un témoignage poignant.

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«Je n’ai pas envie de me rendre à l’évidence, j’ai l’impression de vivre un cauchemar. Il ne peut pas partir comme ça, il allait avoir 59 ans». Contactée par Le Parisien, la femme du chauffeur de bus agressé dimanche soir à Bayonne, dans le sud-ouest de la France, est effondrée. Son mari Philippe, roué de coups par des passagers à un arrêt situé au pied d’un quartier populaire de la ville, est en état de mort cérébrale.

Informée par un ami, Véronique n’a pu voir son époux que quelques heures après le drame, accompagnée de ses trois filles de 18, 21 et 24 ans. «On l’a touché, senti, on lui a parlé. Sa tête était déformée», confie la Française, qui oscille entre désespoir et colère: «Non, on ne fait pas ça pour un ticket de bus! On ne tue pas gratuitement comme ça!».

«On nous a détruits en l’espace de quelques secondes»

L’épouse du chauffeur de bus explique que son époux aurait eu une altercation avec deux individus, dimanche après-midi, soit bien avant son agression. D'après Véronique, les passagers n’étaient pas munis d’un titre de transport et Philippe les aurait forcés à descendre de son véhicule.

On ignore, pour l’heure, ce que les deux passagers ont fait jusqu'à l’heure de l’attaque et s’ils ont appelé des renforts pour s’en prendre au chauffeur de bus plus tard dans la journée. L’enquête devra éclaircir les circonstances de ce drame, notamment grâce à des témoignages. Un homme a été placé en garde à vue le soir même, puis quatre autres lundi. L’un d’entre eux aurait porté le coup le plus violent.

En attendant d’en savoir plus, Véronique s’accroche aux bons moments passés avec son bien-aimé, comme cette soirée au restaurant la veille de l’agression: «Philippe allait être à la retraite dans un an et on s’était dit qu’on allait acheter un camping-car, en septembre. On voulait encore profiter. On nous a tout détruit en l’espace de quelques secondes. On nous a détruits, oui».

(L'essentiel/joc)