Justice en France

14 janvier 2021 12:57; Act: 14.01.2021 14:29 Print

Noyade à Saint-​​Cyr: trois militaires condamnés

Le tribunal de Rennes a condamné un militaire et deux anciens militaires et en a relaxé quatre, pour la noyade en 2012 de Jallal Hami, élève officier.

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L'acteur Rachid Hami, frère de Jallal Hami, a dénoncé un jugement trop clément à ses yeux. (photo: AFP/Damien Meyer)

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Une faute?

«Décision d’apaisement» pour la défense, «trahison» pour la partie civile : le tribunal correctionnel de Rennes a condamné jeudi un militaire et deux anciens militaires et en a relaxé quatre, pour la noyade en 2012 de Jallal Hami, élève officier de l'école de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan).

La peine la plus lourde, huit mois avec sursis, a été infligée à Hugues Delvolve, qui était «colonel des gardes», l'un des plus hauts responsables du «bahutage» tragique. Une peine de 18 mois de prison avec sursis avait été requise à l'encontre de cet homme de 30 ans, aujourd'hui ouvrier agricole.

Le capitaine Marc Assier de Pompignan, 31 ans, qui était responsable élu de la promotion («père système») et avait reconnu sa responsabilité dans le drame, a été condamné à six mois de prison avec sursis, soit moins que les réquisitions (douze mois avec sursis).

Un jugement de 46 pages

Enfin, l'ancien chef de bataillon Hervé Wallerand, 49 ans, chargé des élèves de 2e année à l'époque des faits et aujourd'hui cadre dans le privé, a lui aussi été condamné à six mois de prison avec sursis. Le parquet avait requis deux ans avec sursis à son encontre. Les quatre autres prévenus ont été relaxés.

«Pour les personnes déclarées coupables, nous avons examiné leur implication, de la conception de l'atelier de transmission des traditions jusqu'à l'exécution de cet atelier», a expliqué le président du tribunal Alain Kerhoas, en tentant de résumer un «jugement de 46 pages».

«Marc Assier de Pompignan et M. Delvolve ont été présents du début à la fin. Quant à M. Wallerand, nous avons estimé qu'il avait connaissance du risque et qu'il avait commis une faute caractérisée, notamment l'absence de contrôle, qu'il avait un peu fermé volontairement les yeux», a détaillé le président.

Un «quantum des peines ridicule pour une vie»

«Je rappelle que pour déclarer coupables les prévenus, il fallait déterminer, non seulement une faute, mais une faute caractérisée: c'est le texte qui l'exige», a ajouté le magistrat, pour expliquer les quatre relaxes. «Monsieur!», l'a alors interpellé le frère de la victime, Rachid Hami. «Je vous remercie d'avoir trahi mon frère, une fois de plus. Vous m'avez déçu».

Un peu plus tard, M. Hami a dénoncé un «quantum des peines ridicule pour une vie», ajoutant que «ces audiences et ce jugement» lui laissaient «un goût amer». Il a enfin dit espérer que le procureur, Philippe Astruc, fera appel du jugement. Celui-ci a indiqué à l'AFP qu'il allait «prendre connaissance du jugement» et qu'il se déciderait «sur la pertinence d'un appel dans le courant de la semaine prochaine».

(L'essentiel/afp)