En France

01 avril 2020 10:47; Act: 01.04.2020 12:42 Print

«On a envie de sortir de ce cauchemar»

Praticien dans un hôpital de la région parisienne, en première ligne pour traiter la déferlante de malades du coronavirus, un anesthésiste-réanimateur se confie.

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(photo: AFP/Guillaume Souvant)

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«Hier, (lundi) il était prévu que je me repose mais finalement ça s'est transformé en une journée à l'hôpital. Le repos ça sera pour plus tard. Aujourd'hui je suis à nouveau de garde jusqu'à demain. Quelques patients ont dû être mis sous assistance respiratoire quelques heures dans des salles de bloc opératoire, faute de place en réanimation. Plusieurs hôpitaux en Île-de-France en sont là, dans l'attente de réussir à ouvrir des lits de réanimation supplémentaires.

Les choses s'amplifient franchement. Une cinquantaine d’appels du SAMU aujourd'hui. «On ne prend même plus le temps de nous décrire ou d’écouter les détails de l'histoire du patient. Ça se résume aux quelques informations "cruciales": c’est-à-dire covid confirmé? Intubé? Âge éventuellement? Et ensuite on essaye de trouver une place dans le service. En boucle comme ça toute la journée... Nous n'avons même plus le temps d’avoir des détails sur l'histoire des derniers jours, les antécédents précis ou l'entourage familial».

«La ressource manque»

«Le plus dur c'est indéniablement les patients pour lesquels on doit décider de "refuser" l'admission en réanimation. C'est notre quotidien en réanimation de peser le bénéfice à attendre d'un séjour en réanimation au regard des séquelles qui peuvent en découler.

La différence actuellement avec les patients covid, c'est d'une part la quantité de patients chez qui ces discussions ont lieu quotidiennement et d'autre part qu'il nous manque des connaissances sur cette maladie pour pouvoir juger quels malades sont les plus susceptibles de bénéficier de la réanimation. On est obligés de laisser en salle d'hospitalisation conventionnelle des patients qui en temps normal auraient été surveillés d’emblée en réanimation ou en unité de soins continus. La ressource manque».

«Il faut que ça se termine le plus vite possible»

«On est obligés de repousser les limites partout, là où on peut en limitant autant que possible les risques pour les patients et en leur proposant les meilleurs soins possibles. On nous annonce une fin de semaine très difficile. Honnêtement, je ne sais pas comment nous pourrons encore augmenter nos capacités de lits de réanimation. Au-delà de ça, les équipes commencent vraiment à fatiguer. On a envie plus que jamais de sortir de ce cauchemar.

Les limitations thérapeutiques, l’absence de lien avec les familles, la même pathologie partout, la pression constante plus que jamais, les polémiques sans fin sur les traitements dits spécifiques. Certains perdent le sens des réalités. On peut le comprendre. Mais il faut que ça se termine le plus vite possible.

Au milieu de tout ça, on reçoit beaucoup (trop?) de nourritures ou autre à l'hôpital. C’est touchant, surtout quand il y a des dessins ou des petits mots d'enfants qui accompagnent le paquet. C’est parfois un peu gênant aussi. On ne fait que notre métier. Dans des conditions difficiles, certes, mais ça ce n’est pas d'aujourd'hui...».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • didi le 01.04.2020 12:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    De nombreux soignant sont au Luxembourg et en suisse vue le magnifique salaire que nose pas donner la France à ses soignants. Ce qui mène à une pénurie de soignants.

  • Ronaldo 1998 le 01.04.2020 19:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le gouvernement français n a pas gérer ce qui allait arriver moi j ai vu de loin ce qui allait ce passer les chinois sont énormément en Europe c était sur que nous allions être touché de plein fouet comment ont pu croire que nous allions être épargné de cette catastrophe humaine c est très très grave

  • jean-luc Moustache le 03.04.2020 20:12 Report dénoncer ce commentaire

    Bonsoir au corps médical , ceux qui sont là pour nous ! Je voudrais dire mon raz le bol de la France socialo depuis déjà plusieurs mandats ! En effet les coupes franches de notre banquier chef d'état Macron ont était commandité depuis longtemps , précisément quand Macron travaillait pour Mr HOLLANDE ...... Rappelez vous l'histoire ! On voit maintenant le résultat de leurs économies , sur les usines , sur le corps soignant , sur les protections de la population !

Les derniers commentaires

  • jean-luc Moustache le 03.04.2020 20:12 Report dénoncer ce commentaire

    Bonsoir au corps médical , ceux qui sont là pour nous ! Je voudrais dire mon raz le bol de la France socialo depuis déjà plusieurs mandats ! En effet les coupes franches de notre banquier chef d'état Macron ont était commandité depuis longtemps , précisément quand Macron travaillait pour Mr HOLLANDE ...... Rappelez vous l'histoire ! On voit maintenant le résultat de leurs économies , sur les usines , sur le corps soignant , sur les protections de la population !

  • marie le 01.04.2020 20:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Plus dr la Moitié des cliniques privées parisiennes sont vides... pourquoi ?!?! On transporte des malades aux 4 coins du pays mais on ne requisitionne pas le privé... pauvre france, quel courage ont tous ces soignants vraiment

  • Ronaldo 1998 le 01.04.2020 19:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le gouvernement français n a pas gérer ce qui allait arriver moi j ai vu de loin ce qui allait ce passer les chinois sont énormément en Europe c était sur que nous allions être touché de plein fouet comment ont pu croire que nous allions être épargné de cette catastrophe humaine c est très très grave

  • lea le 01.04.2020 15:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Expliquez moi pourquoi ils n’utilisent pas les hôpitaux et cliniques privés ?

  • didi le 01.04.2020 12:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    De nombreux soignant sont au Luxembourg et en suisse vue le magnifique salaire que nose pas donner la France à ses soignants. Ce qui mène à une pénurie de soignants.