Prof décapité en France

20 octobre 2020 13:18; Act: 20.10.2020 14:04 Print

«On se dit qu'on aurait pu faire quelque chose»

Un témoin a quasiment assisté à l'assassinat de Samuel Paty, racontant avoir vu le meurtrier présumé «en train d'envoyer sur les réseaux sociaux des photos de son acte odieux».

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«L'assaillant était juste derrière le mur, à 40 mètres de mes petits-enfants et de mes enfants», a raconté Stéphane, croyant dans un premier temps que la victime était un membre de sa famille: «Il a fallu que je retourne deux fois sur la scène du crime pour savoir si ce n'était pas mon petit-neveu», a-t-il confié avec émotion à nos confrères de LCI.

Rétrospectivement, l'homme regrette de n'avoir pas su réagir, alors qu'il était présent avec d'autres adultes dans son logement, «on culpabilise, on se dit qu'à 30 ou 40 secondes près, on aurait pu faire quelque chose». Mais face à la violence de l'attaque, Stéphane, sans information face à ce qui est en train de se passer, tente de mettre les siens à l'abri. «Le temps de mettre les enfants par terre dans la caravane, je cherche autour ce qui se passe et puis la peur qu'on avait», détaille-t-il.

«Il est où le monsieur qui a la tête coupée?»

L'intervention de la police fera finalement fuir l'assaillant, Abdoullakh Anzorov, qui sera abattu quelques mètres plus loin. Stéphane de son côté est désormais confronté à l'image imprimée dans les esprits des plus jeunes membres de sa famille, ses «petites filles hier m'ont demandé: "Il est où le monsieur qui a la tête coupée?" Elles ont quatre ans».

Vendredi ,vers 17h, Abdoullakh Anzorov a décapité Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie, à proximité du collège où il enseignait, dans un quartier calme de Conflans-Sainte-Honorine, avant d'être tué de neuf balles par des policiers, à 200 mètres de là. Ce professeur avait récemment montré des caricatures de Mahomet à ses élèves de 4e dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression.

(L'essentiel/AFP)