France

23 octobre 2019 15:43; Act: 23.10.2019 16:17 Print

Pablo, un an, convoqué par la police pour «menace»

Une femme mécontente a porté plainte contre le bébé de sa voisine. L'enfant, âgé d'à peine un an, a été appelé à se présenter au commissariat, dans le Pas-de-Calais.

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(photo: Keystone)

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L'histoire se passe dans une résidence de Wingles, dans le nord de la France. Il y a quelques semaines, la mère de Pablo, un bébé âgé d'à peine un an, reçoit une lettre pour le moins surprenante. Son enfant est convoqué par la police et doit se présenter le 28 octobre, au commissariat, pour s'expliquer sur «des menaces avec arme», en l'occurrence une barre de fer, relate La Voix du Nord.

La plainte émise à l'encontre de l'enfant émane d'une voisine de la famille. Depuis trois ans, dans cette résidence, les accrochages sont fréquents. Il y a trois semaines un nouvel épisode de la saga de ce conflit de voisinage éclate. La police se déplace et invite chacun à déposer une main courante. Une des personnes impliquées décide d'aller encore plus loin et porte plainte contre Pablo.

«La police est venue, elle m'a dit que c'était fréquent avec elle»

Pour la mère du petit, c'est l'incompréhension totale. Elle se souvient bien des échanges tendus qu'elle a eus avec la voisine en question. «La police est venue, elle m'a dit que c'était fréquent avec elle et m'a demandé de déposer une main courante ce que je n'ai pas fait car un autre voisin, concerné lui aussi, y est allé», raconte-t-elle au journal.

La mauvaise surprise arrive le 9 octobre: elle reçoit la fameuse convocation. «Je ne comprends pas», répète la mère. À l'heure des faits il était au lit et dormait paisiblement. Pour elle, c'est clair: la voisine a sciemment donné le nom de l'enfant pour leur porter préjudice.

«Il suffit juste qu'elle se présente et précise l'âge du petit»

«J'ai adressé cette convocation car il y a eu dépôt de plainte par la voisine qui a cité ce nom», explique la policière, à l'origine de la convocation. Elle dit ne pas avoir eu connaissance de l'âge du convoqué. «Je ne suis pas censée savoir son âge, précise-t-elle. On se fie dans un premier temps à ce que dit la plaignante. On ne peut pas ne pas prendre sa plainte, ni mettre en doute sa parole». Selon elle, la vérification de l'état civil des personnes convoquées n'est pas systématique.

La brigadier souhaite tout de même rassurer la maman. «Il suffit juste qu'elle se présente et précise l'âge du petit». C'est bien l'intention de la mère de Pablo qui compte se rendre à la convocation pour dénoncer le ridicule de la situation. Reste maintenant la question de la déclaration mensongère: «Le parquet peut décider de lancer des poursuites s'il l'estime nécessaire», conclut la police.

(L'essentiel/utes)