Procès en France

26 mars 2018 17:39; Act: 26.03.2018 17:44 Print

Perpétuité pour le «tueur de la gare de Perpignan»

Jacques Rançon a été condamné lundi à la peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, pour le viol et le meurtre de deux femmes.

storybild

Les policiers ont mis 17 ans à identifier Jacques Rançon. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Veste grise et chemise claire, Jacques Rançon n'a pas réagi au verdict prononcé après six heures de délibérations devant la cour d'assises des Pyrénées-orientales. Visage impassible, le condamné est ensuite sorti du box, après avoir été reconnu coupable du viol et du meurtre de deux jeunes femmes, Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, ainsi que d'une tentative de meurtre et d'une tentative de viol. Des crimes commis entre 1997 et 1998. À l'heure du verdict, comme pendant les trois semaines de procès, cet ancien cariste-magasinier de 58 ans est resté insondable, yeux vissés au sol, réfugié derrière ses trous de mémoire, feints ou réels.

«Marie-Hélène et Moktaria n'auraient jamais dû mourir. Je suis désolé de ce que j'ai fait et je demande pardon», avait déclaré Rançon en clôture des débats, pendant les plaidoiries de ses avocats. Au terme des trois semaines d'audience qui n'ont pas permis d'éclaircir le déchaînement meurtrier de Jacques Rançon, l'avocat général Luc-André Lenormand avait requis jeudi la peine maximale: la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans. «Jacques Rançon n'a plus rien à faire dans cette société, où le droit à la vie est un droit inaliénable», avait déclaré M. Lenormand.

Dimension sadique

Celui que les policiers ont mis 17 ans à identifier était jugé depuis le 5 mars pour les viols et les meurtres de Moktaria Chaïb, 19 ans, et de Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, accompagnés d'atroces mutilations. Il a été également reconnu coupable d'une tentative de meurtre sur Sabrina, 22 ans, laissée pour morte, et d'une tentative de viol sur une quatrième jeune fille. L'avocat général avait évacué toute possibilité de circonstance atténuante. Pas même en raison de son enfance miséreuse en Picardie, passée sans aucun ami dans la vieille maison en bois où il partagea la chambre de ses parents jusqu'à ses 18 ans.

À ses yeux, Rançon a «une dimension sadique» qui passe à l'acte parce qu'il «ne supporte pas le refus, n'a pas de compassion pour l'autre» et veut montrer «sa toute puissance en emportant les organes», allusion au meurtre de Marie-Hélène, une auto-stoppeuse de 22 ans. La tête et les mains de la jeune femme avaient été retrouvées à 20 km de la scène du crime des mois plus tard. Selon M. Lenormand, l'arme utilisée par Rançon s'inscrit aussi dans de ce «sadisme»: «Le couteau que vous utilisez pour agresser vos victimes, c'est l'arme des sadiques», avait-il fait valoir.

(L'essentiel/afp)