En France

20 août 2019 08:22; Act: 20.08.2019 11:13 Print

Poursuivi pour avoir interdit les pesticides

Le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) comparaît jeudi devant la justice pour avoir pris en mai un arrêté interdisant l'usage de pesticides près des habitations.

storybild

Daniel Cueff, le maire de Langouët.

Sur ce sujet
Une faute?

Daniel Cueff, le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), commune de 602 habitants, comparaît jeudi devant le tribunal administratif de Rennes pour avoir pris en mai un arrêté interdisant l'usage de pesticides près des habitations afin de «protéger la santé» de ses administrés. Attaqué par la préfecture, l'arrêté du 18 mai interdit l'utilisation de produits phytopharmaceutiques «à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d'habitation ou professionnel», selon le texte de cinq pages consulté par l'AFP. Cette distance peut être ramenée à 100 mètres, notamment si une haie permet d'éviter la dispersion des pesticides.

Daniel Cueff, qui assurera seul sa défense jeudi, souligne dans son arrêté qu'un maire «a le devoir et la responsabilité de prendre au titre de son pouvoir de police toutes mesures de nature à prévenir et à faire cesser toutes pollutions sur le territoire de sa commune». Interrogé par l'AFP, il rappelle que Langouët «est engagée depuis 20 ans dans la transition écologique», avec une cantine 100% bio et locale depuis 2004, l'arrêt du désherbage chimique dès 1999, deux éco-hameaux et un gros travail sur la réduction de l'empreinte carbone du village.

«La décision du maire a été prise sans concertation»

«Tous ces efforts sont atténués par le fait qu'une partie des agriculteurs n'a pas pris la mesure de la nécessité de se passer des pesticides de synthèse», constate M. Cueff, assurant pouvoir compter sur le soutien des habitants, qui ont d'ailleurs créé un collectif «Nous voulons des coquelicots». «Je suis inquiète depuis très longtemps des conséquences de l'usage des pesticides sur la santé de mes enfants et petits-enfants», confie Nicole Duperron-Anneix, membre du collectif et qui vit «au milieu des champs». «Les enfants mangent bio à la cantine, habitent dans des bâtiments éco-conçus mais ils vivent près des champs et on a retrouvé des taux de glyphosate très élevés dans les urines de deux d'entre eux», regrette-t-elle. Du côté des agriculteurs, ceux qui n'ont pas pris le virage du bio ne cachent pas leur colère.

«La décision du maire a été prise sans concertation», juge ainsi Dominique Hamon, éleveur bovin depuis 1981. «C'est comme si on vous enlevait votre ordinateur et qu'on vous disait d'aller téléphoner à la cabine à 15 kilomètres», ironise-t-il. «J'ai 35 ha de maïs pour nourrir mes bêtes. On est obligé de traiter pour éviter les mauvaises herbes. Je sais que ça pollue mais en 40 ans, on a drôlement changé nos façons de travailler et on n'est plus des apprentis sorciers», plaide-t-il. En France, plus d'une dizaine de maires ont pris depuis deux ans des arrêtés antipesticides. Dans un courrier demandant l'annulation en référé de celui de Langouët, la préfète d'Ille-et-Vilaine indique que le tribunal administratif de Lyon a déjà annulé en 2012 un arrêté semblable, estimant le maire incompétent pour statuer dans un domaine dévolu à l’État.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Stef57 le 20.08.2019 09:03 Report dénoncer ce commentaire

    Enfin un maire qui pense à la santé de ses administrés. Félicitation à lui. Si cela pouvait se généraliser.

  • Analyste le 20.08.2019 08:57 Report dénoncer ce commentaire

    Le glyphosate, reconnu comme cancérogène aux US mais pas en Europe... Cherchez l'erreur...

  • Vigilence le 20.08.2019 08:34 Report dénoncer ce commentaire

    Moi je le soutiens .

Les derniers commentaires

  • Fabzuz44 le 22.08.2019 16:59 Report dénoncer ce commentaire

    Mr Le Maire bravo de votre engagement pour vos administrés et pour vos jeunes générations ! C'est pourquoi vous avez mon entier soutien ! Je comprend les Agriculteurs , mais la santé des céréales , des plantes mellifères , pour nos abeilles !! Je suis dans le 44 , mais vous avez mon entier soutient

  • nico le 20.08.2019 12:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il na pas été reconnu comme tel

  • Boucle bouclée le 20.08.2019 12:40 Report dénoncer ce commentaire

    Le glyphosate (qui nous rendra malade) est produit par Monsanto qui appartient à Bayer, qui nous vendra le médicament pour nous soigner.

  • Essentiel le 20.08.2019 12:36 Report dénoncer ce commentaire

    "le maire incompétent pour statuer dans un domaine dévolu à l’État." C'est bien là le problème. Ce Monsieur essaie de défendre l'intérêt citoyen là où l'Etat a échoué (lobbying Monsanto). Il mérite la légion d'honneur (pour autant qu'elle ait encore une note de noblesse depuis qu'elle est donnée à des princes saoudiens)...

  • 4pattes le 20.08.2019 11:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    encore un maire qui se prend pour un justicier et qui dépasse ses attribution

    • @4pattes le 20.08.2019 11:57 Report dénoncer ce commentaire

      oui comment est-ce qu'un maire peut juste protéger ses électeurs, incroyable cela!

    • @@4pattes le 20.08.2019 13:04 Report dénoncer ce commentaire

      Comment reprocher quoique ce soit à une personne qui a le courage de ses opinions et en plus pour la bonne cause !!!