Polémique en France

23 avril 2016 15:01; Act: 23.04.2016 15:05 Print

Protéger Julie Gayet coûte cher aux contribuables

Dans un livre, deux journalistes dénoncent le silence du gouvernement quant à l'argent dépensé pour assurer la protection de l'actrice, qui n'est pas officiellement Première dame.

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Dans les couloirs de l’Élysée, la liaison de François Hollande et Julie Gayet n'était plus un secret depuis longtemps. (photo: AFP)

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Julie Gayet a beau ne pas être officiellement la compagne de François Hollande, elle bénéficie d'une protection policière digne d'une Première dame. C'est ce que révèlent les journalistes Aziz Zemmouri et Stéphanie Marteau dans un livre intitulé «L’Élysée Off». Les auteurs écrivent que la comédienne bénéficie d'une protection personnelle, composée de deux équipes tournantes de deux policiers et deux gendarmes. Selon la cour des comptes, le coût de ce dispositif formé par huit agents est estimé entre 287 000 et 400 000 euros par année.

Cette somme est passée sous silence par l’Élysée, ce que dénonce Stéphanie Marteau: «On ne remet pas en question le fait que Julie Gayet bénéficie d'une protection. Ce qu'on conteste, en revanche, c'est que ce chiffre ne soit pas officiel», explique-t-elle à Metronews. Le média français a mené l'enquête, et estime que le montant de 400 000 euros pourrait même être revu à la hausse. Il explique en effet que ce ne sont pas les salaires des agents qui coûtent le plus cher, mais les déplacements de la compagne du président.

Pourquoi pas des agents privés?

«Dès qu'elle va en tournage, les personnels la suivent. Il faut payer les hôtels, les repas. Organiser les rotations», détaille Jean-Pierre Diot, ex-garde du corps de Nicolas Sarkozy et vice-président de la Fédération française de protection rapprochée. À ces frais, viennent s'ajouter la formation continue des agents ou encore les frais d'amortissement des véhicules. Ce montant considérable a de quoi faire grincer les dents du contribuable français, Julie Gayet n'étant pas officiellement Première dame.

Si Jean-Pierre Dot estime que la comédienne doit absolument être protégée, il ajoute qu'elle pourrait n'être suivie que par quatre policiers et gendarmes. «Le reste, il faudrait que ce soit remplacé par des agents privés qu'elle paierait elle-même», suggère-t-il. Le spécialiste indique que comme Julie Gayet, plusieurs personnalités continuent de bénéficier d'une protection rapprochée très onéreuse alors qu'elles n'en ont plus besoin aujourd'hui. «Seulement, personne ne prend la décision de la retirer. Encore moins quand la demande de protection vient de l’Élysée. Imaginez qu'il leur arrive quelque chose demain», déplore-t-il.

(L'essentiel/joc)