Assassinat

11 octobre 2021 08:32; Act: 11.10.2021 08:49 Print

Un an après, la France se souvient de Samuel Paty

Un an après l'innommable, la France s'apprête à honorer la mémoire de Samuel Paty, dont l'assassinat a causé une vague d'émotion profonde dans tout le pays.

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L'attentat a provoqué «une sidération dans tous les pays face au terrorisme islamiste et à la menace qu'il représente pour toute personne exerçant sa liberté d'expression». (photo: AFP/Bertrand Guay)

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Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, 47 ans, était décapité dans une rue voisine de son collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), par un jeune réfugié tchétchène qui lui reprochait d'avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Depuis, le nom de celui qui a été fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume est brandi comme un bouclier de la liberté d'expression face à l'obscurantisme, en France et au-delà.

«Un avant et un après»

L'attentat, pour lequel quinze personnes ont été mises en examen, a provoqué «une sidération dans tous les pays face au terrorisme islamiste et à la menace qu'il représente pour toute personne exerçant sa liberté d'expression», résume le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, dans son récent livre «École ouverte». «Il y aura un avant et un après», y écrit-il, «les conséquences de ce crime nous marquent pour toujours».

Cet attentat a pesé sur les débats crispés autour de la loi de lutte contre le séparatisme, adoptée en juillet dernier. Le chef de l'État en avait posé les fondements dans un discours prononcé deux semaines avant la mort de Samuel Paty.

Chez les collègues de l'enseignant, «l'onde de choc assez violente» persiste, raconte à l'AFP, Christine Guimonnet, la secrétaire générale de l'Association des professeurs d'histoire-géographie (APGH).

«Malaise»

«On peut aller travailler, il y a plein de moments de la journée où on ne va pas penser à Samuel Paty, et d'autres moments où on l'a en tête», ajoute-t-elle, «on n'oubliera jamais ce qu'il s'est passé, on n'oubliera jamais qu'il est mort».

Comment enseigner, après l'horreur? De nombreux professeurs assurent ne «pas avoir peur», mais certains avouent une gêne.

Comme cette professeure d'une ville voisine de Conflans-Sainte-Honorine, qui explique à l'AFP être davantage «sur la réserve» dans sa façon d'enseigner, elle qui n'avait «jamais été mal à l'aise» auparavant pour évoquer les religions devant ses élèves.

Ou cette autre, dans le Haut-Rhin, qui dit éviter les caricatures de Mahomet pour «que ça ne s'enflamme pas de nouveau».

Le ministère de l'Éducation a invité écoles, collèges et lycées à respecter, vendredi, une minute de silence en mémoire de Samuel Paty, et à consacrer une heure à un temps d'hommage et d'échanges, qui pourront porter sur le métier de professeur, son rôle et sa légitimité ou encore la construction de l'esprit critique.

«La commémoration de cet événement tragique doit, pour l'école de la République, être à la hauteur à la fois du traumatisme subi et des principes et valeurs qui ont été attaqués à travers cet assassinat», a souligné M. Blanquer, dans un courrier adressé aux recteurs d'académie.

Samedi, la famille de Samuel Paty sera reçue par Emmanuel Macron à l'Élysée, puis un square parisien sera rebaptisé de son nom lors d'une cérémonie que la mairie de Paris veut simple et recueillie.

Traumatisme persistant

En banlieue parisienne, une cérémonie est également prévue samedi matin, à Eragny-sur-Oise, une commune de plus de 16 000 habitants où vivait le professeur, père d'un petit garçon. Un autre hommage sera organisé dans l'après-midi à Conflans-Sainte-Honorine, au cours duquel doit être dévoilé un monument en forme de livre.

Entre les deux, enseignants et personnels du collège du Bois-d'Aulne prendront la parole dans leur établissement, en présence de délégués d'élèves et de représentants de parents. L'ancienne principale, dont le courage et l'implication ont été salués par le ministre de l'Éducation comme par les familles, y est invitée.

Signe du traumatisme persistant qui a frappé la communauté éducative locale il y a un an, deux psychologues ont été mis à disposition des personnels du Bois d'Aulne qui le souhaitent.

Une ligne d'écoute a également été activée pendant tout le mois d'octobre, a précisé le rectorat de Versailles, à l'AFP. Et pour les aider à appréhender les questions de leurs élèves, les enseignants ont pu être assistés d'un pédopsychiatre.

Depuis un an, les collégiens du Bois-d'Aulne cherchent encore un équilibre entre leur devoir de mémoire envers un professeur particulièrement apprécié, mais aussi leur «envie d'oublier», selon plusieurs témoignages d'élèves recueillis à l'AFP.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Trop souvent censuré par L'Essentiel le 11.10.2021 09:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et comme d'habitude, beaucoup de blabla et très peu d'actions concrètes. 100000 flics ou contrôler des attestations mais pas suffisamment d'effectifs pour contrôler les fichés S.

  • Hommage le 11.10.2021 09:18 Report dénoncer ce commentaire

    A chaque hommage pour une victime du terrorisme (le meurtrier de M. Paty tente de nous "terroriser" donc c'est un terroriste), j'ai une pensée émue pour le colonnel (rang obtenu après son assassinat) Arnaud Beltrame qui a donné sa vie pour sauver celle d'un otage lors d'une attaque terroriste à Trèbes (sud de la France).

  • PHGeo le 11.10.2021 10:50 Report dénoncer ce commentaire

    Cette tragédie va-t-elle enfin forcer la lourde hiérarchie de l'Education nationale à sortir de sa culture du "pas de vague!" et à assurer aux enseignants la protection fonctionnelle des agents publics, obligation légale dont elle se dispense pourtant quasi-systématiquement ?

Les derniers commentaires

  • Grand Maître le 11.10.2021 17:52 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Samuel Paty est un grand homme et n'a pas l'hommage qui devrait.Les religions sont inférieures à la république. Vive les caricatures! Vive Charlie hebdo ! Vive la démocratie ! Que ceux qui disent le contraire partent là où c'est l'inverse. Encore tout mon respect pour ce professeur.

  • vdv le 11.10.2021 17:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les coupables sont protégées, lui est plus la, sa famille est condamnée à souffrir, arrêtez les bla bla-bla, un peu de respect. Paix à son âme

  • La paix c'est mieux le 11.10.2021 15:45 Report dénoncer ce commentaire

    C'est tout de même incroyable. D'autres pays auraient déclaré une guerre si un tel incident c'était produit chez eux. C'est là que nous constatons que la France reste bien un pays très pacifiste...en même temps, décapiter une personne au 21ème siècle me semble juste invraisemblable.

  • veritis le 11.10.2021 13:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ses cours devraient être obligatoires dans toutes les écoles de France

  • duvaro le 11.10.2021 10:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et malgré tous ces événements à répétition Manu va continuer à en importer à la louche pour faire suite aux instructions des fonctionnaires non élus de Bruxelles. Il faut bien entendu répartir équitablement toutes ces "chances" ...