France

13 septembre 2019 07:31; Act: 13.09.2019 10:01 Print

Une grève massive paralyse Paris ce vendredi

Paris va connaître une grève des transports historique. Ce vendredi 13 s'annonce chaotique dans la capitale française.

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Des usagers attendant le métro à Paris, en 2007.

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Paris est menacée de paralysie ce vendredi 13 par une grève des transports qui s'annonce comme la plus massive depuis douze ans, à l'appel de plusieurs syndicats pour protester contre un projet de réforme des retraites voulu par le président français Emmanuel Macron.

Un trafic «extrêmement perturbé» était prévu dans le métro, avec la fermeture pure et simple de dix lignes et un fonctionnement réduit au strict minimum, et uniquement aux heures de pointe, sur deux autres. Les deux lignes restantes, automatisées, devaient fonctionner normalement mais risquaient d'être prises d'assaut par la foule et rapidement saturées.

Le trafic devait également être chaotique sur les lignes ferroviaires du Réseau express régional (RER) qui relient le centre de Paris à la banlieue, notamment sur celle entre la capitale et l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, le plus grand de France avec 72 millions de passagers en 2018. Les autobus et tramways devaient également circuler au compte-gouttes durant toute la journée.

La RATP, la régie publique des transports parisiens, a demandé aux usagers de reporter ou de limiter leurs déplacements. Pour essayer de compenser les désagréments subis, elle a proposé aux voyageurs des «solutions alternatives» comme des temps de déplacement gratuit en trottinettes, vélos et scooters en libre-service, ou une participation aux frais de parking ou de covoiturage.

Retraite à 55 ans

Les usagers se préparent à une rude journée de transport, quand ils n'ont pas reporté leurs rendez-vous ou opté pour le télétravail comme Faiza, rencontrée dans le métro à la station Châtelet-Les Halles. «Ce sera le télétravail, parce que ce ne sera pas possible, avec l'organisation des enfants et l'école, on ne peut pas gérer», dit-elle.

Plusieurs syndicats de la RATP ont appelé les agents à la grève pour sauver leur régime spécial de retraite, qui devrait disparaître dans le cadre d'une réforme voulue par le président Macron. Cette réforme prévoit la disparition de tous les régimes spéciaux, dont bénéficient certains fonctionnaires, les employés de plusieurs grandes entreprises publiques et une poignée d'autres professions (marins, clercs de notaires, salariés de l'Opéra de Paris...), et leur remplacement par un système universel de retraite par points.

Les régimes spéciaux sont jugés trop coûteux par le gouvernement. Dans les transports parisiens, l'âge moyen du départ à la retraite était ainsi de seulement 55,7 ans en 2017, contre 63 ans pour les retraités du régime général, selon un rapport de la Cour des comptes publié en juillet. Les syndicats soulignent, eux, que ce régime spécial tient compte des «contraintes spécifiques» et des «pénibilités liées à (leur) mission de service public».

«Pour nous, la seule compensation réelle aux contraintes du service public, comme le travail le week-end, la nuit, c'est la retraite», a expliqué Thierry Babec, secrétaire général de l'Unsa-RATP, premier syndicat de la régie. La grève des transports parisiens de vendredi s'annonce comme la plus massive depuis celle du 18 octobre 2007, qui visait déjà une réforme des régimes spéciaux de retraite, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. À l'époque, la compagnie ferroviaire SNCF avait également appelé à la grève, ce qui n'est pas le cas pour ce vendredi 13.

(L'essentiel/afp)