France

27 septembre 2021 11:52; Act: 27.09.2021 14:48 Print

Une journaliste dénonce l'écrivain pédophile Matzneff

Francesca Gee publie «L’arme meurtrière». Elle y dénonce l’impasse judiciaire vers laquelle les accusations de viol sur mineurs se dirigent.

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L’écrivain Gabriel Matzneff à Bordighera, en Italie, en février 2020. (photo: AFP)

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Une nouvelle accusatrice de l’écrivain français Gabriel Matzneff dénonce dans un livre le gâchis de l’enquête judiciaire contre ce pédophile revendiqué, qui arrive bien trop tard et s’achemine vers un classement sans suite, pour cause de prescription. Ancienne journaliste britannique d’origine italienne, qui a principalement travaillé pour l’agence Reuters, à Paris, Francesca Gee raconte dans «L’Arme la plus meurtrière», autopublié, qui paraît mardi, avoir eu une relation avec Gabriel Matzneff, alors qu’elle avait quinze ans, dans les années 1970.

Cette publication intervient dix-huit mois après celle du récit à charge de Vanessa Springora, «Le Consentement», relatant sa relation sous emprise dans les années 1980, lorsqu’elle était adolescente, avec cet homme âgé de près de cinquante ans, qui avait amené le parquet de Paris à ouvrir une enquête pour viols sur mineurs contre Gabriel Matzneff.

L’écrivain, aujourd’hui âgé de 85 ans, a raconté dans de nombreux ouvrages son goût autoproclamé pour les mineurs et pour le tourisme sexuel avec de jeunes garçons en Asie. Dans son livre, Francesca Gee explique avoir été rapidement entendue comme témoin par l’Office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP), qui consacre de gros moyens à l’enquête, avec plusieurs policiers à plein temps sur cette affaire.

Vers la prescription

Mais depuis, peu de nouvelles. Francesca Gee sait seulement que les enquêteurs, après avoir saisi chez ses éditeurs toute la littérature publiée par l’écrivain âgé, mènent un travail de bénédictin pour retrouver d’éventuelles victimes plus récentes de son goût pour «les moins de seize ans», comme il avait intitulé un essai de 1974. Ils n’en ont trouvé aucune à ce stade, indiquent à l’AFP, des sources judiciaires et policières.

Sauf rebondissement, l’enquête s’oriente, pour cause de prescription, vers un classement sans suite, intervenant dans les prochains mois, d’après une source proche du dossier. Interrogée par l’AFP, Francesca Gee n’est pas surprise, mais triste, de ce dénouement annoncé. «L’enquête est enlisée... Ça ne m’étonne pas. Quand je suis allée témoigner, j’ai tout de suite dit qu’ils ne trouveraient pas de victime».

«Je n’attendais pas grand-chose de l’enquête pénale parce que je savais très bien que ça faisait des années soit que Matzneff ne faisait rien, soit, en tout cas, qu’il ne le racontait plus», ajoute-t-elle.

(L'essentiel/AFP)