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22 janvier 2019 07:18; Act: 22.01.2019 10:20 Print

Vincent Lambert fixé sur son sort d'ici dix jours

Le tribunal administratif s'est penché, lundi, sur la légalité d'une quatrième procédure d'arrêt des soins de Vincent Lambert, 42 ans dont dix en état végétatif «irréversible».

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Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) s'est penché, lundi après-midi, sur la légalité d'une quatrième procédure d'arrêt des soins de Vincent Lambert, 42 ans dont dix en état végétatif «irréversible», lors d'une audience aux confins de la loi et de l'éthique. La décision, mise en délibéré, sera rendue «dans dix jours», autour du 1er février, a déclaré Olivier Nizet, le président du tribunal administratif, après deux heures d'une audience express, aux conséquences pourtant «importantes», selon les différentes parties.

En avril 2018 le CHU de Reims, où Vincent Lambert est hospitalisé, avait annoncé son intention de lancer une quatrième procédure d'arrêt des soins: c'est sur la légalité de celle-ci que le tribunal devait statuer, saisi en urgence par les parents Lambert via un référé-liberté.

Un échec

Sans surprise, les clans antagonistes de cette famille - d'un côté, parents, demi-frère et sœur opposés à l'arrêt des soins et favorables à un transfert dans une unité spécialisée, de l'autre, épouse et neveu soutenus par divers membres de la fratrie dénonçant un acharnement thérapeutique - ont une nouvelle fois défendu des arguments maintes fois évoqués depuis le début de cette bataille judiciaire, il y a cinq ans.

Le cas Vincent Lambert, qui fait écho à des questions éthiques sur la fin de vie, traduit un échec judiciaire, médical et familial à décider du sort d'un homme depuis une décennie. «Nous avons affaire à la pression continue des requérants parvenus à différer la mise en œuvre d'une décision médicale validée en 2014», a souligné Me Sara Nourdin, avocate de Rachel Lambert, tutrice, épouse du patient et mère de leur petite fille.

Cette année-là, le Conseil d'État donnait son feu vert pour arrêter l'alimentation et l'hydratation artificielles de cet homme de 42 ans, cloué dans un lit, dans un état végétatif jugé «irréversible» par deux expertises judiciaires, en 2014 et 2018. En juin 2015, la Cour européenne des droits de l'homme s'était elle-même prononcée pour un arrêt des traitements.

(L'essentiel/afp)