Affaire en France

21 septembre 2020 16:13; Act: 21.09.2020 16:34 Print

«Vous croyez que je vais me mettre à quatre pattes?»

De nouvelles images, publiées par «Loopsider», permettent de mieux comprendre le déroulement du contrôle de police qui a coûté la vie à Cédric Chouviat, à Paris en janvier.

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Neuf mois après les faits, de nouvelles images permettent de comprendre un peu mieux le déroulement du contrôle de police qui a coûté la vie à un chauffeur-livreur de 42 ans, le 3 janvier 2020 à Paris. Ces images, publiées lundi par le média Loopsider, appuyées par des témoignages et des procès-verbaux, détaillent la scène qui aura conduit au drame, en à peine quinze minutes, pour un simple contrôle routier. Rappelons rapidement les faits.

Ce matin du 3 janvier, Cédric Chouviat est contrôlé par une patrouille de police qui l'a vu circuler à deux-roues avec son téléphone portable en main. Pendant le contrôle, la discussion est animée, selon le rapport de l'IGPN, Cédric Chouviat, qui filme les policiers, adopte «une posture d'insolence». Face à lui, les représentants des forces de l'ordre répondent, le ton est familier. À tel point que l'un des agents lâche «vous croyez que je vais me mettre à quatre pattes, je vais vous sucer la b*** aussi?», quand le livreur l'invite à lui demander poliment de nettoyer sa plaque d'immatriculation.

«Bande de clowns»

Mais le contrôle se termine, le chauffeur se fait verbaliser et tout le monde est sur le point de repartir. Pourtant, alors que les agents remontent en voiture, l'un d'eux, pensant avoir été insulté, retourne voir Cédric Chouviat. Et c'est là que la situation dégénère. Les policiers cherchent la preuve d'un outrage pour procéder à l'interpellation. «Bande de clowns», peut-on notamment entendre de la bouche de la victime. Puis, Cédric Chouviat est plaqué au sol, une scène qui pour le coup n'est pas filmée. On le voit ensuite menotté, maintenu sur le ventre. «Une pression qui va durer 1'30», selon Loopsider.

D'après des informations diffusées au début de l'été, on savait déjà que Cédric Chouviat avait prononcé sept fois «J'étouffe» au moment où il agonisait. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il était mort le 5 janvier des suites d'une asphyxie «avec fracture du larynx». Il est reproché aux policiers de lui avoir porté secours trois minutes après avoir constaté le malaise.

«Homicide involontaire»

Mais surtout, rappelle Loopsider, d'autres zones d'ombre persistent: pourquoi les quatre agents impliqués dans le contrôle routier n'ont-ils produit qu'un seul rapport alors même qu'il en aurait fallu un par fonctionnaire? Pourquoi le compagnon de l'une des quatre agents, lui-même à la BAC et intervenu sur place après les faits, a-t-il livré un faux compte-rendu à sa hiérarchie? Pourquoi l'un des agents n'a-t-il pas activé la caméra piéton qu'il portait au moment des faits? Les policiers ont également nié avoir étranglé Cédric Chouviat, ce que maintiennent de nombreux témoins.

En juillet dernier, trois policiers ont été mis en examen pour «homicide involontaire». Leur collègue, présente aussi, a elle été placée sous le statut de témoin assisté.

(nc/L'essentiel)