En France

19 septembre 2019 16:34; Act: 19.09.2019 16:46 Print

Zemmour condamné pour des propos anti-​​islam

Le polémiste a été définitivement condamné à 3 000 euros d'amende pour provocation à la haine religieuse, après des propos antimusulmans tenus en 2016.

storybild

La Cour de cassation a rejeté le pourvoi d'Eric Zemmour (en photo) contre sa condamnation par la cour d'appel de Paris, le 3 mai 2018. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Le polémiste Éric Zemmour est définitivement condamné à 3 000 euros d'amende pour provocation à la haine religieuse après des propos antimusulmans tenus en 2016, après le rejet de son pourvoi en cassation, selon une décision consultée jeudi par l'AFP. Dans un arrêt rendu mardi, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi du polémiste contre sa condamnation par la cour d'appel de Paris, le 3 mai 2018.

Lors de l'émission «C à vous» diffusée le 6 septembre 2016 sur France 5, il avait notamment estimé qu'il fallait donner aux musulmans «le choix entre l'islam et la France». Il avait également affirmé que la France vivait «depuis trente ans une invasion» et que «dans d'innombrables banlieues françaises où de nombreuses jeunes filles sont voilées» se jouait une «lutte pour islamiser un territoire», «un jihad». La cour d'appel avait estimé que ces deux passages «visent les musulmans dans leur globalité et contiennent une exhortation implicite à la discrimination».

Trois autres passages non retenus

Il avait également été condamné à verser un euro symbolique et 1 000 euros au titre des frais de justice à l'association CAPJPO EuroPalestine, qui avait engagé les poursuites. La cour d'appel n'avait pas retenu trois autres passages de l'émission, pour lesquels Éric Zemmour avait été condamné en première instance en 2017. Le polémiste soutenait notamment que «tous les musulmans, qu'ils le disent ou qu'ils ne le disent pas» considéraient les jihadistes comme de «bons musulmans». La cour d'appel avait estimé que ces passages ne comportaient «pas d'exhortation, même implicite, à la provocation à la haine». Selon une jurisprudence récente, une «incitation manifeste» ne suffit pas à caractériser le délit: il faut désormais «pour entrer en voie de condamnation» que les propos relèvent d'un «appel» ou d'une «exhortation».

Éric Zemmour a déjà été condamné en 2011 pour provocation à la haine, après avoir déclaré à la télévision que «la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait». En revanche, poursuivi pour avoir notamment affirmé dans un journal italien que les musulmans «ont leur code civil, c'est le Coran», il avait été relaxé en appel l'an dernier.

(L'essentiel/afp)